{"id":5309,"date":"2011-05-19T04:00:44","date_gmt":"2011-05-19T08:00:44","guid":{"rendered":"http:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/?p=5309"},"modified":"2011-05-19T04:00:44","modified_gmt":"2011-05-19T08:00:44","slug":"la-passion-par-luz-casal","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/la-passion-par-luz-casal\/","title":{"rendered":"<!--:fr-->La Passion par Luz Casal<!--:-->"},"content":{"rendered":"<p><!--:fr--><code> <\/code><br \/>\n<strong><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-5310\" title=\"luz_casal_la_passion_05_2011\" src=\"http:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2011\/05\/luz_casal_la_passion_05_2011.jpg\" alt=\"\" width=\"252\" height=\"252\" \/>La grande star espagnole de passage \u00e0 Montr\u00e9al pour la premi\u00e8re fois! En spectacle le 10 juin  Th\u00e9\u00e2tre Maisonneuve de la Place des Arts, dans le cadre des Francofolies de Montr\u00e9al<\/strong><\/p>\n<p><strong>Montr\u00e9al, mai 2011 \u2014<\/strong> La carri\u00e8re internationale de la chanteuse hispanique Luz\u00a0Casal a \u00e9t\u00e9 propuls\u00e9e au d\u00e9but des ann\u00e9es\u00a01990 quand le grand r\u00e9alisateur Pedro\u00a0Almod\u00f3var l&rsquo;a choisie pour interpr\u00e9ter deux des chansons de son film \u00e0 succ\u00e8sTalons aiguilles,\u00a0Piensa en M\u00ed\u00a0et\u00a0Un A\u00f1o de Amor. Depuis, elle a connu une ascension fulgurante, et son plus r\u00e9cent opus (elle en a 12!),\u00a0La\u00a0Pasion, a \u00e9t\u00e9 certifi\u00e9 disque platine en Europe. La voici enfin pour la premi\u00e8re fois \u00e0 Montr\u00e9al!<\/p>\n<p>La Pasi\u00f3n a commenc\u00e9 un jour pr\u00e9cis, dans un studio madril\u00e8ne. Le 12 avril 1991. Pedro Almodovar a propos\u00e9 a Luz Casal d\u2019enregistrer deux chansons pour son prochain film, qui ne s\u2019appelle pas encore <em>Talons Aiguilles<\/em>. Le choix est audacieux\u00a0: Luz Casal, \u00e0 cette \u00e9poque, est c\u00e9l\u00e8bre en Espagne comme chanteuse de rock\u2019n\u2019roll, dans la lign\u00e9e Joan Jett ou Chrissie Hynde. Le long d\u2019une carri\u00e8re d\u00e9but\u00e9e en 1980, elle s\u2019est faite une r\u00e9putation de battante, de femme au fort temp\u00e9rament, sur fond de guitares saignantes et de mart\u00e8lement de batterie.  Ce jour d\u2019avril donc, plusieurs semaines avant le premier tour de manivelle,  Luz Casal entre en studio. Le matin, elle met en boite <em>Piensa en Mi<\/em>, un bolero peu connu du compositeur mexicain Agustin Lara. Apr\u00e8s le d\u00e9jeuner, <em>Un A\u00f1o de Amor<\/em>, tube des ann\u00e9es 60 de la star Italienne Mina, que le r\u00e9alisateur a lui-m\u00eame traduit en espagnol. Le tout est boucl\u00e9 en six heures. Marisa Paredes, qui interpr\u00e8tera le r\u00f4le de la chanteuse dans le film, est pr\u00e9sente pour anticiper le travail de play-back. Victoria Abril aussi. \u00abJe suis sortie euphorique du studio, se souvient Luz. Je savais que nous avions fait du bon boulot. A l\u2019\u00e9poque, je pr\u00e9parais un  nouvel album. Je suis all\u00e9e voir la maison de disques et je leur ai dit\u00a0: \u00ab\u00a0J\u2019ai envie de d\u2019enregistrer un disque entier de bol\u00e9ros. Ils ont cru que j\u2019avais perdu la t\u00eate\u00a0: \u00ab\u00a0Un r\u00e9pertoire sentimental, toi qui a une image  de rockeuse\u00a0? Tu plaisantes\u00a0? Ton public ne suivra  pas.\u00a0\u00bb J\u2019ai donc c\u00e9d\u00e9, et enregistr\u00e9 <em>A Contraluz<\/em> avec les chansons pr\u00e9vues.\u00a0\u00bb Bien entendu, le succ\u00e8s international du film et de sa BO change la donne. \u00abLes producteurs m\u2019ont dit\u00a0 alors: c\u2019est le moment de faire ce disque de bol\u00e9ros. L\u00e0, c\u2019est moi qui ai dit non. Vous n\u2019en vouliez pas\u00a0? Maintenant c\u2019est mon tour. On verra plus tard.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Plus tard, c\u2019est aujourd\u2019hui. 18 ans sont pass\u00e9s. Luz Casal a poursuivi une carri\u00e8re riche et intense, qui l\u2019a propuls\u00e9e parmi les chanteuses les plus populaires  du monde hispanophone, de part et d\u2019autre de l\u2019Atlantique. Et lui a fait vivre une histoire d\u2019amour singuli\u00e8re avec la France\u00a0: elle a repris (en espagnol) Cabrel et Dalida, elle a enregistr\u00e9, en fran\u00e7ais, des duos avec Etienne Daho ou Raphael, et a rempli les salles de l\u2019Hexagone. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 la fin d\u2019une tourn\u00e9e fran\u00e7aise, avec cinq m\u00e9morables Cigales \u00e0 guichets ferm\u00e9s, en 2006, que survient l\u2019impr\u00e9vu\u00a0: hospitalis\u00e9e pour \u00e9puisement, les m\u00e9decins diagnostiquent un cancer.  Op\u00e9rations, chimioth\u00e9rapie\u00a0: apr\u00e8s un an et demi de combat et une ultime intervention,  elle est tir\u00e9e d\u2019affaire.  \u00ab\u00a0En me r\u00e9veillant de l\u2019anesth\u00e9sie,  la premi\u00e8re chose que j\u2019ai dite, c\u2019est \u00ab\u00a0je veux faire ce disque de bol\u00e9ros. \u00ab<\/p>\n<p>Le bol\u00e9ro appartient \u00e0 l\u2019ADN des hispanophones. Ce genre musical, n\u00e9 \u00e0 Cuba \u00e0 la fin du XIXe si\u00e8cle et  tr\u00e8s vite export\u00e9 vers le Mexique, a connu son \u00e2ge d\u2019or entre les ann\u00e9es 30 et 50,  \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 la radio, avant l\u2019invasion de la t\u00e9l\u00e9vision, occupait une part pr\u00e9pond\u00e9rante dans la vie quotidienne de toutes les classes sociales. Et la pr\u00e9sence des chansons sentimentales, tour \u00e0 tour tendres,  m\u00e9lodramatiques ou ironiques, a marqu\u00e9 l\u2019imaginaire de plusieurs g\u00e9n\u00e9rations.  Mais dans un r\u00e9pertoire  riche de milliers et de milliers de titres, par o\u00f9 commencer\u00a0?  \u00ab\u00a0J\u2019ai puis\u00e9 dans ma m\u00e9moire, je me suis souvenue des chansons qu\u2019aimait ma m\u00e8re, explique Luz Casal. Quand j\u2019\u00e9tais enfant, nous \u00e9coutions Antonio Machin, un  Cubain install\u00e9 en Espagne, les Argentines Estela Raval ou Libertad Lamarque, la Mexicaine To\u00f1a la Negra. Plus tard, en  fr\u00e9quentant  les milieux litt\u00e9raires, j\u2019ai d\u00e9couvert le merveilleux Cubain Bola de Nieve. J\u2019ai aussi fait beaucoup de recherches, j\u2019ai lu des livres, demand\u00e9 \u00e0 des sp\u00e9cialistes. Un vrai travail arch\u00e9ologique. \u00ab\u00a0\u00a0 Le r\u00e9sultat\u00a0: onze chansons tri\u00e9es sur le volet, entre grands classiques et p\u00e9pites oubli\u00e9es. Certaines, comme Sombras ou Encadenados, sont c\u00e9l\u00e8bres dans les pays de langue espagnole mais ne diront rien aux auditeurs du reste du monde (m\u00eame si Encadenados, chant\u00e9e par le crooner chilien Lucho Gatica, figurait dans la bande son de Matador, d\u2019Almodovar, d\u00e9j\u00e0). Historia de un Amor est un standard en France, gr\u00e2ce aux versions de Dalida et Gloria Lasso.  Il y a aussi un bol\u00e9ros-cha, cette g\u00e9niale invention cubaine qui parvint \u00e0 greffer la rythmique du cha-cha-cha sur le bol\u00e9ro pour en faire un hybride irr\u00e9sistiblement dansant. Une autre chanson occupe une place \u00e0 part\u00a0: Como la Cigarra, de l\u2019Argentine Maria Elena Walsh, \u00e9crite en 1972, a acquis dans son pays, sous la dictature militaire (1976-1983), un statut  d\u2019hymne de r\u00e9sistance. \u00ab\u00a0Tant de fois je suis morte, tant de fois on m\u2019a tu\u00e9e, et pourtant je suis ici, je ressucite. Comme la cigale qui passe six mois sous terre et qui r\u00e9apparait..\u00a0\u00bb  Beaucoup y verront une allusion \u00e0 la maladie. Luz se contente de dire\u00a0: \u00ab Chacun l\u2019interpr\u00e9tera comme il le souhaite. A l\u2019origine, elle a \u00e9t\u00e9 inspir\u00e9e \u00e0 son  auteur  par un \u00e9pisode amer de sa carri\u00e8re. Lors d\u2019un festival, on l\u2019avait pr\u00e9sent\u00e9e comme une chanteuse oubli\u00e9e qui tentait  un come back, ce qui l\u2019avait bless\u00e9e. Le propos n\u2019\u00e9tait pas politique \u00e0 l\u2019origine, ce sont les circonstances historiques qui lui ont donn\u00e9 ce sens. \u00bb<\/p>\n<p>Le r\u00e9pertoire \u00e9tait choisi, restait \u00e0 dessiner le costume qui allait l\u2019habiller.  L\u2019heure est  au d\u00e9pouillement, et les ambiances guitare-voix, ou les accompagnements  jazzy  piano-contrebasse sont dans l\u2019air du temps. Non, trop facile. \u00ab\u00a0D\u2019abord, ce type d\u2019exercice acoustique, je le pratique depuis longtemps, sur disque comme  sur sc\u00e8ne, avance la chanteuse. Et puis ces chansons, \u00e0 leur \u00e9poque, ont \u00e9t\u00e9 grav\u00e9es avec de grands orchestres, c\u2019est le traitement id\u00e9al, celui qu\u2019elles m\u00e9ritent encore aujourd\u2019hui.\u00a0\u00bb Il y aura donc des cuivres rutilants et une d\u00e9bauche de cordes. Crise, quelle crise\u00a0? On ira enregistrer \u00e0 Los Angeles avec quelques-uns des session men les plus r\u00e9put\u00e9s de la plan\u00e8te. Otmaro Ruiz au piano, Alex Acu\u00f1a \u00e0 la batterie, Ramon Stagnaro \u00e0 la guitare, Luis Conte aux percussions, Ren\u00e9 Camacho \u00e0 la basse&#8230; Oui, tous des latinos (P\u00e9ruviens, V\u00e9n\u00e9zu\u00e9liens, Cubains&#8230;). Le bol\u00e9ro, ils baignent dedans depuis l\u2019enfance. D\u2019o\u00f9 la ferveur avec laquelle ils se sont engag\u00e9s dans le projet. On aurait donn\u00e9 cher pour voir ces vieux loups de mer, tann\u00e9s par des ann\u00e9es pass\u00e9es aux c\u00f4t\u00e9s de Ray Charles, Madonna, Paul Mc Cartney, Ella Fitzgerald et des centaines d\u2019autres, verser leur petite larme \u00e0 la coda de Sombras&#8230; Luz Casal garde un souvenir \u00e9mu des s\u00e9ances en Californie, avec des connaissances qui passent au studio dire bonjour\u00a0: Jackson Browne, ou ce vieil ami des ann\u00e9es de la movida madril\u00e8ne, Antonio Banderas&#8230; Une autre \u00e9toile de la galaxie Almodovar.<\/p>\n<p>La Pasi\u00f3n est finalement une B.O.F. Celle d\u2019un film panoramique dont les acteurs sont les sentiments. Luz Casal y chante comme elle n\u2019a jamais chant\u00e9, bouleversante sans  jamais sombrer dans le pathos. Une anecdote r\u00e9v\u00e9latrice\u00a0: en studio, Luz, qui ne se sentait pas vocalement au sommet de ses possibilit\u00e9s (ce fichu fog de L.A.), avait d\u00e9cid\u00e9 de poser des voix t\u00e9moin, pour  enregistrer les voix d\u00e9finitives \u00e0 Madrid, un peu plus tard. Au final, ce sont ces prises brutes, avec leurs asp\u00e9rit\u00e9s et toute leur \u00e9motion, qui ont \u00e9t\u00e9 conserv\u00e9es.  \u00ab\u00a0La Pasi\u00f3n, confie l\u2019artiste,  est mon douzi\u00e8me  disque et le plus plaisant \u00e0 r\u00e9aliser,  il s\u2019est fait sans tensions, comme dans un r\u00eave\u00a0\u00bb.  Un r\u00eave qu\u2019ont fait des millions d\u2019auditeurs dans le monde entier depuis que Piensa en Mi est entr\u00e9e dans leur vie pour ne jamais en repartir. Et peut-\u00eatre un peu plus que \u00e7a\u00a0: loin du kitsch,  une c\u00e9l\u00e9bration intemporelle de la passion de vivre.<!--:--><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La grande star espagnole de passage \u00e0 Montr\u00e9al pour la premi\u00e8re fois! 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