{"id":43061,"date":"2024-07-27T14:48:31","date_gmt":"2024-07-27T18:48:31","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/?p=43061"},"modified":"2024-07-27T15:53:43","modified_gmt":"2024-07-27T19:53:43","slug":"john-mayall-1933-11-29-2024-07-22-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/john-mayall-1933-11-29-2024-07-22-2\/","title":{"rendered":"John Mayall,  (1933-11-29 \u2013 2024-07-22)"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"font-family: Abril Fatface; font-size: 32px; color: #800000;\"><strong><em>Une longue croisade pour le Blues<\/em> <\/strong><\/span><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><em>90\u00a0ans de vie, une soixantaine d\u2019ann\u00e9es de carri\u00e8re, 35\u00a0albums studio, 34\u00a0albums <\/em>live<em>, sans compter les compilations et les multiples autres productions, <strong>John Mayall<\/strong>, ce passionn\u00e9 collectionneur-propagateur du blues et routier inlassablement en croisade dans cette mouvance, n\u2019aura pas ch\u00f4m\u00e9. Il a port\u00e9 le flambeau bien haut dans sa mission d\u2019\u00e9duquer, d\u2019inspirer et de divertir ses semblables dans les joies, les profondeurs et les al\u00e9as du Blues &amp; \u00ab\u00a0Beats from the Heart\u00a0\u00bb\u00a0!<\/em><\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/mayall_pochette_cd-1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright wp-image-43072\" src=\"https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/mayall_pochette_cd-1-565x550.jpg\" alt=\"\" width=\"412\" height=\"401\" srcset=\"https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/mayall_pochette_cd-1-565x550.jpg 565w, https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/mayall_pochette_cd-1-647x630.jpg 647w, https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/mayall_pochette_cd-1-768x748.jpg 768w, https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/mayall_pochette_cd-1-45x45.jpg 45w, https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/mayall_pochette_cd-1.jpg 1368w\" sizes=\"auto, (max-width: 412px) 100vw, 412px\" \/><\/a>John Mayall<\/strong>, n\u00e9 le 29\u00a0novembre 1933 \u00e0 Macclesfield en Angleterre est g\u00e9n\u00e9ralement reconnu comme le <em>Godfather of British Blues<\/em>. Son exposition pr\u00e9coce aux disques de jazz et de blues de son p\u00e8re aura contribu\u00e9 \u00e0 semer en lui les bases d\u2019un amour inconditionnel et profond pour le blues. <strong>G\u00e9rard Herzhaft<\/strong>, ce sympathique romancier et musicologue \u00e9rudit, mentionne dans sa <em>Grande Encyclop\u00e9die du Blues<\/em>\u00a0: <em>le guitariste <strong>Alexis Korner<\/strong> et l\u2019harmoniciste <strong>Cyril Davies <\/strong>sont les v\u00e9ritables pr\u00e9curseurs du blues britannique. C\u2019est sur leur mod\u00e8le que <strong>John Mayall<\/strong> fonde ses <strong>Bluesbreakers<\/strong>\u2026<\/em><\/p>\n<p>M\u2019en voudriez-vous, cependant, si j\u2019avan\u00e7ais que tout comme <strong>B.B.\u00a0King <\/strong>est le personnage central du blues am\u00e9ricain et mondial, que <strong>John Mayall<\/strong> est fort probablement la personnalit\u00e9 centrale du blues britannique\u00a0? Dans mon livre (non \u00e9crit), il n\u2019est rien de moins\u00a0!<\/p>\n<p>Tout r\u00e9cemment, peu apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s de son pr\u00e9cieux ami <strong>John<\/strong>, <strong>Eric Clapton<\/strong>, dans une vid\u00e9o touchante, a rendu un sinc\u00e8re et vibrant t\u00e9moignage \u00e0 celui qu\u2019il d\u00e9crit comme son mentor et son parrain. Certains diront qu\u2019il \u00e9tait une <em>father figure<\/em>. Celui que l\u2019on surnomme <em>slowhand<\/em> \u00e9tait visiblement \u00e9treint par l\u2019\u00e9motion et d\u00e9bordant de reconnaissance envers celui qui l\u2019a soutenu et qui a contribu\u00e9 \u00e0 sa formation dans les d\u00e9buts de sa carri\u00e8re\u00a0!<\/p>\n<p>Le premier album de <strong>Mayall<\/strong>, ce multi-instrumentiste reconnu entre autres pour son jeu dynamique et expressif \u00e0 l\u2019harmonica, c\u2019\u00e9tait l\u2019iconique <strong><em>Blues Breakers<\/em><\/strong><em>, <strong>John Mayall<\/strong> with <strong>Eric Clapton<\/strong><\/em>, paru en 1966. Ce vinyle fabuleux a fait histoire dans le monde de la musique et du blues et il demeure, \u00e0 ce jour, un marqueur grav\u00e9 profond, un identifiant fort dans l\u2019histoire du blues britannique. Combien de guitaristes dont la carri\u00e8re a \u00e9t\u00e9 inspir\u00e9e par <strong>Clapton<\/strong>, combien d\u2019harmonicistes ont \u00e9t\u00e9 entra\u00een\u00e9s par les prestations enlevantes de <strong>Mayall<\/strong>\u00a0? Combien de passionn\u00e9s de la musique de la <em>blue note<\/em> expressive ont approfondi et pay\u00e9 leurs <em>dues to the blues<\/em> avec ce <em>crusader<\/em> infatigable \u00e0 l\u2019esprit r\u00e9flexif, libre et innovateur\u00a0? <strong>John Mayall<\/strong>, d\u00e8s le d\u00e9part, je l\u2019ai toujours identifi\u00e9, \u00e0 tort ou \u00e0 raison, comme un philosophe du blues, un chroniqueur investi et engag\u00e9 dans la transmission de ce que <strong>Willie Dixon<\/strong> appelle les <em>Facts of Life<\/em>.<\/p>\n<p>De son aussi long parcours de battant, j\u2019ai glan\u00e9, ici et l\u00e0 quelques souvenirs et exp\u00e9riences qui sont remont\u00e9s naturellement \u00e0 la surface\u00a0: tout d\u2019abord, le premier album surnomm\u00e9 <em>Beano<\/em>, en compagnie de <strong>Clapton<\/strong>, du bassiste <strong>John<\/strong> <strong>McVie<\/strong> et du batteur <strong>Hughie Flint<\/strong>, les disques <strong>Hard Road<\/strong> avec le guitariste <strong>Peter Green<\/strong>, puis, <em>Crusade<\/em> avec <strong>Mick Taylor<\/strong>. Par la suite, <em>Turning Point<\/em> (1970), cet album original sans batterie et avec fl\u00fbte qu\u2019on a \u00e9cout\u00e9 beaucoup, entre amis, \u00e0 l\u2019\u00e9poque, devant la platine vinyle\u00a0! Il est int\u00e9ressant de souligner, ici, que <strong>Mayall<\/strong> a \u00e9t\u00e9 l\u2019audacieux, le premier \u00e0 introduire l\u2019orgue dans un enregistrement de blues, instrument qui \u00e9tait pr\u00e9alablement l\u2019apanage du <strong>gospel<\/strong>. <em>Jazz Blues Fusion <\/em>(1972) est un autre disque distinctif, et, comme son nom l\u2019indique, il s\u2019agit d\u2019une r\u00e9union \u00e0 haute temp\u00e9rature de musiciens de blues et de jazz, une autre innovation du visionnaire ancr\u00e9 dans la tradition et qui en \u00e9tend les limites. Cet individu original, assur\u00e9 et cr\u00e9atif, tel un aimant ou un lampadaire pour les papillons, attirait par sa personnalit\u00e9 et son talent les meilleurs guitaristes et musiciens, dans ses chevauch\u00e9es \u00e9piques et ses croisades incessantes.<\/p>\n<p>J\u2019ai aussi beaucoup \u00e9cout\u00e9, aim\u00e9 et m\u00e9dit\u00e9 autour du magnifique double album <em>Back To The Roots<\/em> o\u00f9 il nous instruit, notamment, sur sa vision personnelle \u00e0 propos de la mort de son ami <strong>Jimi Hendrix<\/strong> qu\u2019il d\u00e9crit comme un <em>Accidental Suicide<\/em>, le titre de la chanson. Sa r\u00e9flexion profonde, inform\u00e9e et critique, je crois que c\u2019est cela qui m\u2019a conduit \u00e0 le qualifier, tout sp\u00e9cialement de <em>Philosophe du Blues<\/em>.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/John_Mayall_1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-43065\" src=\"https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/John_Mayall_1-773x550.jpg\" alt=\"\" width=\"890\" height=\"633\" srcset=\"https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/John_Mayall_1-773x550.jpg 773w, https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/John_Mayall_1-647x460.jpg 647w, https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/John_Mayall_1-768x546.jpg 768w, https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/John_Mayall_1.jpg 1080w\" sizes=\"auto, (max-width: 890px) 100vw, 890px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Et, en terminant, je dirais quelques mots sur ma rencontre et ma courte entrevue avec cette l\u00e9gende au <strong>Festival International de Blues de Tremblant<\/strong>, le 2\u00a0ao\u00fbt 1997. J\u2019avais attendu un bon moment pour le rencontrer et j\u2019ai \u00e9t\u00e9 ravi par le savoir-\u00eatre de ce <em>gentleman<\/em> dans toute la force du mot, par sa simplicit\u00e9, son \u00e9coute attentionn\u00e9e et sa disponibilit\u00e9 g\u00e9n\u00e9reuse \u00e0 me renseigner sur ses blues, moi, un quasi-journaliste du Blues.<\/p>\n<p>Pour moi, ce n\u2019est pas la dur\u00e9e de la rencontre qui compte, c\u2019est l\u2019\u00e9change d\u2019\u00e9nergie\u00a0! Une poign\u00e9e de main et quelques mots avec <strong>Stevie Ray Vaughan<\/strong>, dix minutes avant le show avec <strong>Buddy Guy<\/strong>, un <strong>John Mayall<\/strong>, <em>cool, calm and collected<\/em> qui m\u2019a communiqu\u00e9 ses commentaires sur son disque d\u2019alors, <em>Blues For The Lost Days <\/em>(1997). En r\u00e9trospective, je crois que cet album, on peut le voir comme une synth\u00e8se de ses th\u00e8mes de pr\u00e9dilection. Il y traite de sujets s\u00e9rieux et toujours d\u2019actualit\u00e9\u00a0: de sa m\u00e8re (<em>One in A Million<\/em>), la violence des grandes villes (<em>Dead City<\/em>), l\u2019injustice et la mis\u00e8re (<em>Stone Cold Deal<\/em>), ses h\u00e9ros et amis du blues (<em>All Those Heroes<\/em> et <em>Blues For The Lost Days<\/em>), la guerre 1914-1918 (<em>Trenches<\/em>), sans oublier des reprises inspirantes dont le tr\u00e8s beau et r\u00e9flexif <em>How Can You Live Like That<\/em>, d\u2019<strong>Eddie Harris<\/strong>. De plus, sur cet opus, \u00e0 la suite des prestations remarqu\u00e9es de <strong>Clapton<\/strong>, <strong>Green<\/strong> et <strong>Mick Taylor<\/strong>, dans des reprises d\u2019instrumentaux de <strong>Freddie King<\/strong>, il ravive la tradition avec un quatri\u00e8me instrumental du <em>bluesman<\/em> texan, soit, <em>Sen-Say-Shun <\/em>par son guitariste pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 d\u2019alors, membre de son groupe, <strong>Buddy Whittington<\/strong>\u00a0! La pi\u00e8ce finale, <em>You Are For Real<\/em>, il l\u2019avait r\u00e9serv\u00e9e pour son \u00e9pouse <strong>Maggie Mayall<\/strong>. Il lui chantait\u00a0: <em>You are the Key to everything I\u2019ll Ever Need Baby, You are for Real<\/em>!<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" title=\"YouTube video player\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/EfWU2MV9_ZI?si=wRx_t6Av-zvCqK5K\" width=\"890\" height=\"500\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/p>\n<p>Dans la plus pure tradition des r\u00e9silients et irr\u00e9ductibles <em>bluesmen<\/em>, le <em>bluesbreaker<\/em> en chef av\u00e9r\u00e9 a donn\u00e9 son dernier show au <strong>Sheperd\u2019s Bush Empire<\/strong> de Londres, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 90\u00a0ans, le 16\u00a0juillet 2024, soit moins d\u2019une semaine avant son d\u00e9c\u00e8s. Le spectacle affichait complet. Fans et amis musiciens \u00e9taient venus pour le saluer et lui rendre un hommage senti \u00e0 titre de <em>Living Legend !<\/em><\/p>\n<p>En\u00a01997, lors de notre rencontre, ce jour-l\u00e0, <strong>John Mayall<\/strong> m\u2019avait dit cette phrase, si simple et si vraie, mise en exergue dans la revue <em>Les Amis du Blues\u00a0<\/em>:<br \/>\n<em>Les meilleurs blues sont toujours les blues qui viennent du c\u0153ur, d\u2019une exp\u00e9rience personnelle.<\/em><\/p>\n<p>Merci pour tout, <strong>John Mayall<\/strong>\u00a0! <em>R.I.P.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une longue croisade pour le Blues \u00a090\u00a0ans de vie, une soixantaine d\u2019ann\u00e9es de carri\u00e8re, 35\u00a0albums studio, 34\u00a0albums live, sans compter les compilations et les multiples autres productions, John Mayall, ce passionn\u00e9 collectionneur-propagateur du blues et routier inlassablement en croisade dans cette mouvance, n\u2019aura pas ch\u00f4m\u00e9. 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