{"id":33803,"date":"2021-05-09T12:00:46","date_gmt":"2021-05-09T16:00:46","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/?p=33803"},"modified":"2021-05-31T16:24:45","modified_gmt":"2021-05-31T20:24:45","slug":"le-cerveau-et-la-musique-partie-ii","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/le-cerveau-et-la-musique-partie-ii\/","title":{"rendered":"Le cerveau et la musique &#8211; partie II"},"content":{"rendered":"<p><strong><span style=\"font-family: trebuchet ms, geneva, sans-serif;\"><em><a href=\"https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/Michel-Rohon_introduction.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-33745\" src=\"https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/Michel-Rohon_introduction-400x550.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"275\" srcset=\"https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/Michel-Rohon_introduction-400x550.jpg 400w, https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/Michel-Rohon_introduction-470x647.jpg 470w, https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/Michel-Rohon_introduction.jpg 720w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/a><span style=\"font-family: arial black, sans-serif; color: #333399;\">L\u2019impact de jouer de la musique sur le cerveau<\/span><\/em><\/span><br \/>\n<\/strong><span style=\"font-family: trebuchet ms, geneva, sans-serif;\"><em>Si le fait d\u2019\u00e9couter la musique procure des bienfaits, en jouer peut apporter encore plus d\u2019effets positifs. Dans ce deuxi\u00e8me article de cette s\u00e9rie sur le cerveau et la musique, nous examinons les \u00e9tudes qui d\u00e9montrent des bienfaits de la pratique musicale sur la concentration, la m\u00e9moire et l\u2019apprentissage des langues entre autres. La bonne nouvelle c\u2019est qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019\u00e2ge pour en tirer des b\u00e9n\u00e9fices.<\/em><\/span><br \/>\n____________<br \/>\n<span style=\"font-size: 32px; color: #333399;\">N<\/span>ous sommes tous fascin\u00e9s de voir un grand pianiste jouer un concerto avec un orchestre symphonique ou un guitariste de rock se lancer dans un solo de virtuose o\u00f9 les notes filent \u00e0 vive allure. Ceux qui ont d\u00e9j\u00e0 pris des cours de musique dans leur vie peuvent attester de l\u2019effort et de la discipline qu\u2019il faut pour en arriver l\u00e0. Que se passe-t-il dans le cerveau lorsque l\u2019on joue de la musique ? Y a-t-il des bienfaits additionnels au fait de simplement en \u00e9couter ? C\u2019est ce que nous allons explorer dans ce deuxi\u00e8me article sur le cerveau et la musique.<\/p>\n<p>De nombreux chercheurs dans le domaine des neurosciences affirment que la performance musicale <em>est l\u2019un des d\u00e9fis les plus complexes et exigeants sur le plan cognitif que l\u2019esprit humain peut entreprendre<\/em>. Ce n\u2019est pas rien. Contrairement \u00e0 d\u2019autres t\u00e2ches qui demandent un <em>feedback<\/em> tactile, la performance musicale requiert la synchronisation de plusieurs r\u00e9gions du cerveau, en plus d\u2019un contr\u00f4le moteur, auditif et sensoriel constant pour maintenir les notes justes dans l\u2019ex\u00e9cution. Il faut lire les notes, les transformer en commandes motrices, y ajouter une intention musicale, \u00e9couter ce que cela donne, ajuster le tir, anticiper les prochaines notes, le tout de fa\u00e7on soutenue pendant des heures. Voil\u00e0 bien toute une gymnastique pour le cerveau\u00a0!<\/p>\n<p><strong><em><span style=\"color: #333399; font-family: arial black, sans-serif;\">Le cerveau du musicien<\/span><\/em><br \/>\n<\/strong>Prenons un pianiste confortablement install\u00e9 devant sa partition. L\u2019\u00e9tape de d\u00e9part consiste \u00e0 lire les premi\u00e8res notes avant d\u2019interpr\u00e9ter la pi\u00e8ce. En fait, ce qu\u2019il voit, ce sont des symboles\u00a0\u2013 des notes sur une port\u00e9e\u00a0\u2013 qu\u2019il doit associer \u00e0 des sons et \u00e0 un doigt\u00e9 pour g\u00e9n\u00e9rer la note sur l\u2019instrument. Le signal visuel part des yeux, puis il est transform\u00e9 en un signal \u00e9lectrique qui voyage le long du nerf optique vers l\u2019arri\u00e8re du cerveau, dans une r\u00e9gion du lobe occipital que l\u2019on nomme le cortex visuel. Des connexions du cortex visuel vont ensuite vers le cortex auditif situ\u00e9 dans le lobe temporal et vers le cortex moteur, dans le lobe pari\u00e9tal, juste au-dessus.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/orchestre_pianiste.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-33805\" src=\"https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/orchestre_pianiste-825x550.jpg\" alt=\"\" width=\"890\" height=\"593\" srcset=\"https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/orchestre_pianiste-825x550.jpg 825w, https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/orchestre_pianiste-647x431.jpg 647w, https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/orchestre_pianiste-768x512.jpg 768w, https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/orchestre_pianiste-470x313.jpg 470w, https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/orchestre_pianiste-272x182.jpg 272w, https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/orchestre_pianiste.jpg 1080w\" sizes=\"auto, (max-width: 890px) 100vw, 890px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Ce triangle de trois r\u00e9gions corticales agit en boucle de fa\u00e7on continue et coordonn\u00e9e. Ce n\u2019est pas tout. Un bon musicien anticipe les notes qui n\u2019ont pas encore \u00e9t\u00e9 jou\u00e9es afin de s\u2019assurer d\u2019un bon phras\u00e9 de la m\u00e9lodie et d\u2019une dynamique ad\u00e9quate du jeu tout au long de l\u2019interpr\u00e9tation. Il lui faut \u00e9galement coordonner le mouvement de ses mains pour assurer un bon rythme. Si le musicien veut accentuer la dynamique d\u2019une seule note \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019un passage, la jouer plus fort ou plus vite, il doit ouvrir une autre ligne de communication directe, en temps r\u00e9el, entre son oreille et le cortex moteur qui contr\u00f4le le doigt impliqu\u00e9.<\/p>\n<p>Finalement, il faut y ajouter une expression \u00e9motive, celle demand\u00e9e par le compositeur, et son grain de sel d\u2019ex\u00e9cutant, ce qui demeure le summum de l\u2019interpr\u00e9tation. Tout le syst\u00e8me limbique intervient alors le long du signal \u00e9lectrique entre le cortex, les membres et les doigts de l\u2019artiste.<\/p>\n<p><strong><span style=\"color: #333399; font-family: arial black, sans-serif;\"><em>La plasticit\u00e9 du cerveau d\u2019un musicien<\/em><\/span><br \/>\n<\/strong>Devenir musicien implique des ann\u00e9es de pratique et de discipline. Ce tour de force r\u00e9p\u00e9t\u00e9 des heures chaque jour pendant des ann\u00e9es a-t-il un impact \u00e0 long terme sur le cerveau\u00a0? De nombreuses \u00e9tudes d\u2019imagerie ont compar\u00e9 les cerveaux de d\u00e9butants \u00e0 ceux de musiciens professionnels, et d\u2019autres travaux ont permis de suivre l\u2019\u00e9volution des changements sur des musiciens. Premier constat\u00a0: la musique modifie le cerveau. Une pratique musicale soutenue induit des transformations dans les structures m\u00eames du cerveau, selon un principe que l\u2019on nomme la <em>plasticit\u00e9<\/em>. Les cortex auditifs et moteurs des apprentis acqui\u00e8rent de nouvelles connexions au niveau de leur mati\u00e8re grise, une r\u00e9gion pourvue en neurones fonctionnels. Idem dans d\u2019autres r\u00e9gions p\u00e9riph\u00e9riques dont le cortex pr\u00e9moteur et le cervelet, le centre de contr\u00f4le de la coordination des mouvements.<\/p>\n<p>Les chercheurs ont m\u00eame constat\u00e9 des modifications dans la mati\u00e8re blanche, ces neurones qui connectent les diff\u00e9rentes r\u00e9gions du cerveau. L\u2019exercice de la musique augmente les fibres nerveuses du corps calleux, principale autoroute reliant les deux h\u00e9misph\u00e8res du cerveau. Les cortex auditif et moteur sont naturellement essentiels \u00e0 la pratique musicale, mais le plus int\u00e9ressant est de voir des r\u00e9gions p\u00e9riph\u00e9riques y prendre part. On a m\u00eame des musiciens tr\u00e8s avanc\u00e9s qui disposent d\u2019une connectivit\u00e9 intense entre les r\u00e9gions motrices et sensorielles, en dehors de l\u2019activit\u00e9 musicale.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/enfants_groupe.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-33806\" src=\"https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/enfants_groupe-825x550.jpg\" alt=\"\" width=\"890\" height=\"593\" srcset=\"https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/enfants_groupe-825x550.jpg 825w, https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/enfants_groupe-647x431.jpg 647w, https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/enfants_groupe-768x512.jpg 768w, https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/enfants_groupe-470x313.jpg 470w, https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/enfants_groupe-272x182.jpg 272w, https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/enfants_groupe.jpg 1080w\" sizes=\"auto, (max-width: 890px) 100vw, 890px\" \/><\/a><\/p>\n<p><strong><span style=\"font-family: arial black, sans-serif; color: #333399;\"><em>Les bienfaits de jouer de la musique<\/em><\/span><br \/>\n<\/strong>Donner un instrument et des cours de musique sont parmi les plus beaux cadeaux que vous pouvez donner \u00e0 vos enfants. Car tout porte \u00e0 croire que l\u2019apprentissage de la musique par l\u2019enfant am\u00e9liore ses capacit\u00e9s auditives, sa coordination motrice et sa perception du rythme. Mais de r\u00e9centes \u00e9tudes vont plus loin et constatent des transferts de comp\u00e9tence dans des aptitudes plus lointaines, comme l\u2019intelligence verbale, et m\u00eame une am\u00e9lioration des performances acad\u00e9miques. Mais la question que tous les parents ont au bout de leurs l\u00e8vres est de savoir \u00e0 quel moment d\u00e9buter l\u2019apprentissage musical de leur enfant.<\/p>\n<p>Les scientifiques \u00e9voquent une <em>p\u00e9riode sensible<\/em>, c\u2019est-\u00e0-dire un moment dans le d\u00e9veloppement du cerveau o\u00f9 les exp\u00e9riences exercent une puissante influence sur la mall\u00e9abilit\u00e9 de la circuiterie neuronale. Pour l\u2019audition en g\u00e9n\u00e9ral, la plasticit\u00e9 du cortex auditif est maximale pendant trois ou quatre ans \u00e0 partir de la naissance, d\u2019o\u00f9 l&rsquo;importance de stimuler le nouveau-n\u00e9 sur le plan auditif. La plasticit\u00e9 optimale pour l\u2019apprentissage de sa langue premi\u00e8re se situe entre l\u2019\u00e2ge d\u2019un et cinq ans. Pour l\u2019apprentissage d\u2019une langue seconde par exemple, la p\u00e9riode va de la naissance \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 12 ou 13 ans. Cela dit, le meilleur \u00e2ge pour apprendre la musique est d\u00e9termin\u00e9 par la <em>p\u00e9riode sensible<\/em> de la plasticit\u00e9. Sans entrer dans les d\u00e9tails, les <em>p\u00e9riodes sensibles<\/em> des r\u00e9gions responsables de la perception et de l\u2019ex\u00e9cution de la musique sont variables. De plus, la motivation et l\u2019environnement jouent \u00e9galement un r\u00f4le. Une chose est certaine, l\u2019apprentissage d\u2019un instrument d\u00e9veloppe les aptitudes linguistiques, l\u2019attention et la flexibilit\u00e9 sur le plan des t\u00e2ches cognitives. Plus on apprend jeune, plus on a de chances de maximiser ses capacit\u00e9s.<\/p>\n<p><strong><em><span style=\"font-family: arial black, sans-serif;\"><span style=\"color: #333399;\">L\u2019apprentissage de la musique am\u00e9liorerait les aptitudes d\u2019\u00e9coute<\/span><\/span><\/em><br \/>\n<\/strong>Il va sans dire que jouer de la musique r\u00e9guli\u00e8rement am\u00e9liore la perception auditive. Des enfants de huit ans qui re\u00e7oivent une formation musicale de six mois sont en mesure de distinguer de faibles changements de fr\u00e9quence dans une note, ce qui ne sera pas le cas de ceux qui ne sont pas form\u00e9s. Les musiciens adultes peuvent reconna\u00eetre et distinguer des conversations dans le bruit.<\/p>\n<p>D\u2019ailleurs, une sc\u00e8ne de <em>Trente-deux films brefs sur Glenn Gould<\/em>, du cin\u00e9aste canadien <strong>Fran\u00e7ois Girard<\/strong>, est devenue c\u00e9l\u00e8bre\u00a0: on y voit l\u2019illustre pianiste <strong>Glenn Gould<\/strong> manger dans un restaurant rapide fr\u00e9quent\u00e9 surtout par des camionneurs. L\u2019environnement est tr\u00e8s bruyant. Le plaisir que <strong>Gould<\/strong> en tire est d\u2019isoler une \u00e0 une les conversations de tous les convives pr\u00e9sents. Il s\u2019amuse m\u00eame \u00e0 cr\u00e9er une polyphonie en m\u00e9langeant les discussions, comme <strong>Bach<\/strong> l\u2019aurait fait avec des notes. Le psychiatre <strong>Peter Oswald<\/strong> a \u00e9t\u00e9 le premier, en\u00a01996, \u00e0 formuler un diagnostic post-mortem des troubles dont le pianiste canadien souffrait. Il affirme qu\u2019il avait toutes les caract\u00e9ristiques du syndrome d\u2019Asperger, une forme d\u2019autisme. Sa douance pour la perception aigu\u00eb des polyphonies n\u2019est cependant pas n\u00e9cessairement li\u00e9e \u00e0 ce syndrome. D\u2019ailleurs, je connais plusieurs musiciens qui poss\u00e8dent cette aptitude sans pour autant \u00eatre autistes.<!--nextpage--><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/petite_fille_concetration.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-33807\" src=\"https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/petite_fille_concetration-825x550.jpg\" alt=\"\" width=\"890\" height=\"593\" srcset=\"https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/petite_fille_concetration-825x550.jpg 825w, https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/petite_fille_concetration-647x431.jpg 647w, https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/petite_fille_concetration-768x512.jpg 768w, https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/petite_fille_concetration-470x313.jpg 470w, https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/petite_fille_concetration-272x182.jpg 272w, https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/petite_fille_concetration.jpg 1080w\" sizes=\"auto, (max-width: 890px) 100vw, 890px\" \/><\/a><\/p>\n<p><strong><em><span style=\"color: #333399; font-family: arial black, sans-serif;\">Jouer de la musique a un impact positif sur l\u2019apprentissage des langues<\/span><\/em><br \/>\n<\/strong>La musique et le langage sont d\u2019abord et avant tout des sons, comme nous l\u2019avons mentionn\u00e9. Les paroles et les notes suivent le m\u00eame parcours jusqu\u2019au cortex auditif. Toutefois, elles prennent ensuite des chemins diff\u00e9rents, mais si les r\u00e9gions corticales du langage et de la musique sont distinctes, elles sont n\u00e9anmoins adjacentes.<\/p>\n<p>Une des sommit\u00e9s actuelles sur les relations \u00e9troites entre le langage et la musique, le professeur <strong>Aniruddh Patel<\/strong> de l\u2019<strong>Universit\u00e9 Tufts <\/strong>\u00e0 Boston, a \u00e9labor\u00e9 une th\u00e9orie qui permet d\u2019expliquer ces liens. Il lui a donn\u00e9 le nom d\u2019<em>OPERA<\/em>. Elle se fonde sur le constat de l\u2019influence de la pratique de la musique sur la plasticit\u00e9 des r\u00e9seaux de neurones n\u00e9cessaires au langage. Pour <strong>Patel<\/strong>, <em>OPERA<\/em> prend en compte la compl\u00e9mentarit\u00e9 des r\u00e9seaux dans le cerveau (puisqu\u2019ils d\u00e9codent \u00e0 la fois le langage et la musique); la pr\u00e9cision que la musique exige de ces r\u00e9seaux (qui sont sup\u00e9rieurs au langage); les \u00e9motions positives qui se d\u00e9gagent de l\u2019utilisation de ces r\u00e9seaux; la r\u00e9p\u00e9tition qu\u2019impose l\u2019exercice de la musique et, finalement, l\u2019attention n\u00e9cessaire \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution musicale. R\u00e9unies, ces conditions expliqueraient l\u2019effet positif de la musique dans l\u2019apprentissage du langage.<\/p>\n<p>D\u2019ailleurs, de nombreuses \u00e9tudes ont d\u00e9montr\u00e9 que la formation musicale am\u00e9liore la m\u00e9moire et l\u2019aisance du langage, comme l\u2019acquisition et les habilet\u00e9s de lecture en langue seconde. Cependant, doit-on le pr\u00e9ciser, jouer de la musique n\u2019am\u00e9liore pas les aptitudes math\u00e9matiques et spatiales. Aucune \u00e9tude ne d\u00e9montre de liens \u00e0 ce propos. Il semble bien que les aires auditives et visuelles ne soient pas arrim\u00e9es pour cr\u00e9er une synergie, et que m\u00eame la lecture de la notation musicale n\u2019ait pas de cons\u00e9quence sur la capacit\u00e9 de comprendre les math\u00e9matiques.<\/p>\n<p><strong><em><span style=\"color: #333399; font-family: arial black, sans-serif;\">Jouer de la musique am\u00e9liore la concentration<\/span><\/em><br \/>\n<\/strong>Demandez-le \u00e0 n\u2019importe quel musicien, pour jouer de la musique, il faut \u00eatre concentr\u00e9, tr\u00e8s concentr\u00e9. On l\u2019est encore plus lorsque l\u2019on apprend \u00e0 jouer d\u2019un instrument. \u00c9tant pianiste moi-m\u00eame, je me souviens de mes exercices de jeunesse. Une s\u00e9ance de deux heures, qui incluait une nouvelle pi\u00e8ce difficile, comme une <em>sonate<\/em> de <strong>Beethoven<\/strong> ou une <em>partita<\/em> de <strong>Bach<\/strong>, des arp\u00e8ges, des gammes, des \u00e9tudes, \u00e9tait passablement \u00e9puisante. Les \u00e9tudes sur le sujet d\u00e9montrent bien que l\u2019apprentissage d\u2019un instrument de musique am\u00e9liore l\u2019attention des jeunes.<\/p>\n<p>C\u2019est un concept qui revient souvent en linguistique et que l\u2019on nomme en anglais <em>code switching<\/em>, pour signifier l\u2019alternance des codes linguistiques. Ici, dans l\u2019apprentissage d\u2019un instrument de musique, c\u2019est l\u2019alternance des t\u00e2ches, lecture, ex\u00e9cution, \u00e9coute, qui sollicite un va-et-vient des fonctions ex\u00e9cutives et d\u00e9cisionnelles entre le lobe frontal, le cortex auditif, le cortex visuel, la m\u00e9moire et le syst\u00e8me limbique, celui des \u00e9motions. Tout cela am\u00e9liore la concentration et la m\u00e9moire fonctionnelle des jeunes.<\/p>\n<p><strong><span style=\"font-family: arial black, sans-serif;\"><em><span style=\"color: #333399;\">Le rythme am\u00e9liore l\u2019apprentissage et la performance<\/span><\/em><\/span><br \/>\n<\/strong>Le rythme reste au c\u0153ur de ce que nous sommes\u00a0: pensons au rythme cardiaque \u00e0 la marche, au rythme r\u00e9gulier de la respiration et au rythme naturel de la parole. On a m\u00eame d\u00e9couvert que les enfants \u00e2g\u00e9s de deux mois peuvent distinguer les variations rythmiques dans la musique. C\u2019est dire l\u2019importance que le cerveau accorde \u00e0 la perception du rythme. On a \u00e9galement d\u00e9montr\u00e9 que les neurones du cortex visuel peuvent \u00eatre entra\u00een\u00e9s \u00e0 r\u00e9agir \u00e0 des rythmes r\u00e9guliers.<\/p>\n<p>S\u2019il existe une explication des bienfaits de l\u2019apprentissage de la musique, c\u2019est que le rythme aurait un effet positif \u00e0 la fois sur la performance et l\u2019apprentissage. Les fonctions cognitives n\u00e9cessaires \u00e0 la coordination et \u00e0 la planification des mouvements, l\u2019anticipation, l\u2019int\u00e9gration sensorimotrice lors de l\u2019ex\u00e9cution d\u2019une pi\u00e8ce musicale sur un instrument b\u00e9n\u00e9ficient de la synchronisation n\u00e9cessaire au rythme.<\/p>\n<p>L\u2019impact de cette \u00ab synchronisation \u00bb sur le comportement a aussi \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9. Si la musique joue un r\u00f4le dans l\u2019\u00e9volution de l\u2019humain comme facteur d\u2019unification et de perfectionnement de la coop\u00e9ration, de la coordination et de la coh\u00e9sion du groupe, le rythme musical y participe de fa\u00e7on centrale. Demandez \u00e0 un musicien d\u2019orchestre de vous parler du puissant ph\u00e9nom\u00e8ne de la synchronisation lors d\u2019un concert symphonique. Les cent musiciens ne font qu\u2019un, symbolis\u00e9s par le chef d\u2019orchestre. Les travaux du psychologue et chercheur am\u00e9ricain <strong>Piercarlo Valdesolo<\/strong> et d\u2019autres ont \u00e9tabli un lien entre la synchronisation et l\u2019affiliation sociale, la coop\u00e9ration et m\u00eame la compassion.<\/p>\n<p>Un enfant qui apprend \u00e0 jouer de la musique avec d\u2019autres jeunes entre dans cette synchronisation rythmique. On a mesur\u00e9 l\u2019activation des neurones miroirs, une cat\u00e9gorie de neurones qui fonctionnent dans le cerveau d\u2019un individu quand celui-ci observe ou ex\u00e9cute le m\u00eame geste. Depuis leur d\u00e9couverte chez l\u2019animal par le m\u00e9decin et chercheur en neurosciences <strong>Giacomo Rizzolatti<\/strong> et son \u00e9quipe de l\u2019<strong>Universit\u00e9 de Parme<\/strong>, en Italie, au cours des ann\u00e9es 1990, on en a depuis confirm\u00e9 l\u2019existence chez l\u2019humain il y a quelques ann\u00e9es. Ils sont situ\u00e9s autour de l\u2019aire du langage\u00a0\u2013 l\u2019aire de Broca\u00a0\u2013 et au niveau du cortex pari\u00e9tal.<\/p>\n<p>Ils sont miroirs parce qu\u2019ils fonctionnent aussi bien pour les actions ex\u00e9cut\u00e9es par soi-m\u00eame que pour celles effectu\u00e9es par quelqu\u2019un d\u2019autre. Leur r\u00f4le serait de renforcer l\u2019empathie. Ils sont vus comme \u00e9tant centraux dans ce que l\u2019on appelle la cognition sociale, le d\u00e9veloppement du langage et de l\u2019art par le biais des \u00e9motions et la compr\u00e9hension de l\u2019autre. Jouer de la musique en groupe active donc ces r\u00e9gions. L\u2019entra\u00eenement rythmique et la synchronisation \u00e0 ce haut niveau n\u2019ont d\u2019\u00e9gal que l\u2019entra\u00eenement dans certains sports d\u2019\u00e9quipe.<\/p>\n<p><strong><span style=\"color: #333399;\"><em><span style=\"font-family: arial black, sans-serif;\">Jouer de la musique rend-il plus intelligent\u00a0?<\/span><\/em><\/span><br \/>\n<\/strong>L\u2019apprentissage de la musique pourrait-il avoir un effet sur la r\u00e9ussite scolaire et effectivement augmenter ainsi le quotient intellectuel (QI)\u00a0? Les r\u00e9sultats des nombreuses recherches \u00e0 ce sujet ne sont pas concluants. Certaines \u00e9tudes d\u00e9montrent une l\u00e9g\u00e8re augmentation du QI, mais elles ne sont que rarement reproduites. Il faut mettre ces \u00e9tudes en perspective en consid\u00e9rant les facteurs environnementaux et g\u00e9n\u00e9tiques, qui biaisent la recherche. Le fait que l\u2019acc\u00e8s aux cours de musique est plus facile pour les classes socio\u00e9conomiquement ais\u00e9es, et celui que les \u00e9l\u00e8ves disposant d\u2019aptitudes sup\u00e9rieures sont plus susceptibles de suivre des cours de musique sont des variables dont il faut aussi tenir compte.<\/p>\n<p>Et d\u2019autres facteurs entrent en ligne de compte. Il s\u2019agit de la dur\u00e9e de la formation musicale, et surtout d\u2019un grand nombre de variables, qui exercent une influence sur les b\u00e9n\u00e9fices de l\u2019apprentissage de la musique en bas \u00e2ge : le milieu familial, les autres activit\u00e9s de l\u2019enfant, l\u2019attention, la motivation et m\u00eame la m\u00e9thode d\u2019enseignement. La r\u00e9compense et le contexte de la formation musicale jouent aussi un r\u00f4le important.<\/p>\n<p>En faisant abstraction du contexte socio\u00e9conomique, les chercheurs peuvent affirmer que l\u2019apprentissage de la musique augmente les chances de succ\u00e8s acad\u00e9mique. Les \u00e9tudes de <strong>Glen Schellenberg<\/strong>, sp\u00e9cialiste des liens entre la cognition et la musique \u00e0 l\u2019<strong>Universit\u00e9 de Toronto<\/strong>, ont d\u2019ailleurs d\u00e9montr\u00e9 que la r\u00e9ussite scolaire s\u2019am\u00e9liorait avec l\u2019apprentissage de la musique, dans une \u00e9tude regroupant 171\u00a0jeunes de\u00a06 \u00e0 11\u00a0ans.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Personnes_agee.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-33808\" src=\"https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Personnes_agee-824x550.jpg\" alt=\"\" width=\"890\" height=\"594\" srcset=\"https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Personnes_agee-824x550.jpg 824w, https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Personnes_agee-647x432.jpg 647w, https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Personnes_agee-768x513.jpg 768w, https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Personnes_agee-470x314.jpg 470w, https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Personnes_agee-272x182.jpg 272w, https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Personnes_agee.jpg 1080w\" sizes=\"auto, (max-width: 890px) 100vw, 890px\" \/><\/a><\/p>\n<p><strong><em><span style=\"color: #333399; font-family: arial black, sans-serif;\">La pratique de la musique : une r\u00e9serve cognitive pour le vieil \u00e2ge\u2026<\/span><\/em><br \/>\n<\/strong>J\u2019ai beaucoup parl\u00e9 des bienfaits de l\u2019apprentissage de musique \u00e0 partir de l\u2019enfance. Mais qu\u2019en est-il si on d\u00e9cide de jouer plus vieux, \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte\u00a0? Il ne faut pas s\u2019attendre \u00e0 joueur un concerto de <strong>Rachmaninov<\/strong> ou un solo de guitare de <strong>Jimmy Hendrix<\/strong>, mais avec des objectifs ajust\u00e9s \u00e0 ses capacit\u00e9, on peut soutirer de nombreux b\u00e9n\u00e9fices tout en ayant \u00e9norm\u00e9ment de plaisir.<\/p>\n<p>Ceux qui commencent \u00e0 accumuler les ann\u00e9es pourront vous le dire\u00a0: avec l\u2019\u00e2ge, un d\u00e9clin graduel, mais in\u00e9vitable, des fonctions de notre cerveau appara\u00eet et nous perdons de cette c\u00e9l\u00e8bre plasticit\u00e9 qui nous permet de gagner du volume c\u00e9r\u00e9bral et de l\u2019habilet\u00e9 dans certaines t\u00e2ches que nous voulons accomplir. Une bonne nouvelle semble cependant \u00e9merger de nombreuses \u00e9tudes r\u00e9centes\u00a0: l\u2019exercice de la musique ralentit le d\u00e9clin cognitif. Les chercheurs proposent d\u2019ailleurs de nous donner une \u00ab r\u00e9serve cognitive \u00bb gr\u00e2ce \u00e0 la pratique assidue de la musique et cela, \u00e0 tout \u00e2ge de la vie.<\/p>\n<p>Dans l\u2019une de ces \u00e9tudes concernant des personnes de plus de 60\u00a0ans, on a invit\u00e9 un premier groupe de sujets \u00e0 suivre des cours de piano, pendant qu\u2019un autre constituait le groupe contr\u00f4le. Apr\u00e8s six mois, tous les participants ont \u00e9t\u00e9 soumis \u00e0 des tests. Ceux qui avaient re\u00e7u une formation musicale ont montr\u00e9 des gains nettement significatifs sur le plan de la m\u00e9moire et des habilet\u00e9s motrices, comparativement aux personnes qui composaient le groupe t\u00e9moin et qui n\u2019avaient pas b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 des cours de piano.<\/p>\n<p>Et joueur pour des amis et la famille procure un grand bonheur tant pour l\u2019interpr\u00e8te que pour le public. Cela apporte la coh\u00e9sion sociale et une richesse \u00e9motive partag\u00e9e. Depuis que la musique existe, de nombreux philosophes et m\u00e9decins ont m\u00eame constater ses bienfaits sur la sant\u00e9. La musique pour soigner existe depuis l\u2019Antiquit\u00e9.<\/p>\n<p>Dans le prochain et dernier article de cette s\u00e9rie, nous allons explorer comment la musique peut agir sur les sympt\u00f4mes de plusieurs maladies, de l\u2019alzheimer et le parkinson en passant par l\u2019autisme et les maladies cardiaques.<\/p>\n<p><strong><span style=\"color: #333399;\"><em><span style=\"font-family: arial black, sans-serif;\">Suggestions de lecture<\/span><\/em><\/span><br \/>\n<\/strong>1) Peretz, Isabelle, <em>Apprendre la musique\u00a0: nouvelles des neurosciences<\/em>, \u00c9ditions Odile Jacob, 2018, 155 pages.<br \/>\n2) Rochon, Michel, <em>Le cerveau et la musique<\/em>, Montr\u00e9al, \u00c9ditions Multimondes, 2018, 186 pages.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019impact de jouer de la musique sur le cerveau Si le fait d\u2019\u00e9couter la musique procure des bienfaits, en jouer peut apporter encore plus d\u2019effets positifs. 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