{"id":33744,"date":"2021-04-27T12:13:20","date_gmt":"2021-04-27T16:13:20","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/?p=33744"},"modified":"2021-04-28T17:50:10","modified_gmt":"2021-04-28T21:50:10","slug":"les-bienfaits-de-lecoute-musicale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/les-bienfaits-de-lecoute-musicale\/","title":{"rendered":"Les bienfaits de l\u2019\u00e9coute musicale&#8230;"},"content":{"rendered":"<p><strong><a href=\"https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/Michel-Rohon_introduction.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-33745\" src=\"https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/Michel-Rohon_introduction-400x550.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"275\" srcset=\"https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/Michel-Rohon_introduction-400x550.jpg 400w, https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/Michel-Rohon_introduction-470x647.jpg 470w, https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/Michel-Rohon_introduction.jpg 720w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/a><span style=\"color: #333399;\"><em><span style=\"font-family: trebuchet ms, geneva, sans-serif;\">Michel Rochon<\/span><\/em><\/span><\/strong><em><span style=\"font-family: trebuchet ms, geneva, sans-serif;\"> est un journaliste scientifique et m\u00e9dical. Pendant 30\u00a0ans, il a travaill\u00e9 au sein de plusieurs \u00e9quipes d\u2019information de <strong>Radio-Canada<\/strong>, notamment au sein des \u00e9quipes de <strong>D\u00e9couverte<\/strong>, d\u2019<strong>Enqu\u00eate<\/strong>, de <strong>La semaine verte<\/strong> et du <strong>T\u00e9l\u00e9journal<\/strong>. Il est, aujourd\u2019hui, charg\u00e9 de cours de journalisme \u00e0 l\u2019<strong>Universit\u00e9 du Qu\u00e9bec \u00e0 Montr\u00e9al<\/strong>, et il est \u00e9galement conf\u00e9rencier, animateur et\u2026 pianiste.<\/span><\/em><\/p>\n<p><em><span style=\"font-size: 28px;\"><span style=\"font-size: 16px;\">L<\/span><\/span>e premier article de cette s\u00e9rie sur le cerveau et la musique explore les plus r\u00e9centes d\u00e9couvertes scientifiques concernant la fa\u00e7on dont la musique affecte le cerveau. De nombreuses r\u00e9gions et plusieurs mol\u00e9cules sont impliqu\u00e9es dans la perception musicale. Les frissons, le bonheur et les joies que procurent la musique en ont fait un outil de coh\u00e9sion sociale et une forme d\u2019art indispensable.<\/em><\/p>\n<p>Les m\u00e9lomanes et les amateurs de haute-fid\u00e9lit\u00e9 de ce magazine sont certainement tous de grands amants de la musique. Le rituel de l\u2019\u00e9coute musicale &#8211; qui consiste \u00e0 prendre le temps de choisir sa pi\u00e8ce favorite, de d\u00e9poser le disque compact dans le lecteur ou bien de faire ce choix sur son fournisseur en ligne, puis de s\u2019installer confortablement dans un fauteuil ou une chaise, de fermer les yeux pour enfin se laisser emporter par cet art invisible qui d\u00e9file dans le temps pour faire vivre tant d\u2019\u00e9motions et revivre tant de souvenirs &#8211; n\u2019a que des bienfaits.<br \/>\nCe miracle est rendu possible par un organe qui a pris des millions d\u2019ann\u00e9es \u00e0 \u00e9voluer. Le cerveau de l\u2019humain contient pr\u00e8s de cent milliards de neurones richement interconnect\u00e9s qui nous permettent d\u2019abord et avant tout de survivre et de nous reproduire. Les anthropologues et les scientifiques qui \u00e9tudient l\u2019origine de la musique s\u2019accordent sur le fait qu\u2019elle aurait pris naissance il y a environ cent mille ans. \u00c0 cette \u00e9poque, les soci\u00e9t\u00e9s primitives d\u2019<em>homo sapiens<\/em> auraient d\u00e9couvert les pouvoirs du rythme et ma\u00eetriser leurs cordes vocales pour inventer un langage unificateur, donnant corps aux diff\u00e9rents rituels, n\u00e9cessaire \u00e0 la vie en soci\u00e9t\u00e9 : l\u2019amour, la chasse, la guerre et les r\u00e9coltes.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/Musique_cervau_01.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-33777 size-full\" src=\"https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/Musique_cervau_01.jpg\" alt=\"\" width=\"890\" height=\"423\" srcset=\"https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/Musique_cervau_01.jpg 890w, https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/Musique_cervau_01-647x308.jpg 647w, https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/Musique_cervau_01-768x365.jpg 768w, https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/Musique_cervau_01-470x223.jpg 470w\" sizes=\"auto, (max-width: 890px) 100vw, 890px\" \/><\/a><br \/>\nPour les scientifiques, la musique serait le langage fondateur, avant m\u00eame l\u2019\u00e9mergence de la parole et des langues. Depuis, la musique s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9e en un art d\u2019une grande richesse et d\u2019une grande complexit\u00e9. Comment notre cerveau fait-il pour percevoir toutes ces subtilit\u00e9s, pour en tirer tant de bonheur ? Pourquoi sommes-nous si accros<\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial black, sans-serif; font-size: 20px;\"><em><span style=\"color: #333399;\">La d\u00e9couverte du cerveau musical<\/span><\/em><\/span><br \/>\nCe n\u2019est qu\u2019au XXe si\u00e8cle que la science a pu cartographier et analyser comment notre cerveau percevait la musique. C\u2019est le d\u00e9veloppement de l\u2019imagerie m\u00e9dicale qui a permis cet important progr\u00e8s dans notre compr\u00e9hension de ce que plusieurs appellent le <em>cerveau musical<\/em>, un terme un peu simpliste et galvaud\u00e9 comme nous allons le d\u00e9couvrir.<br \/>\nAu d\u00e9but des ann\u00e9es 1990, l\u2019arriv\u00e9e de la r\u00e9sonance magn\u00e9tique fonctionnelle va permettre de mieux comprendre comment la musique est per\u00e7ue par le cerveau et ainsi expliquer et confirmer tous les bienfaits de l\u2019\u00e9coute musicale. Lorsque j\u2019ai \u00e9crit mon livre <strong><em>Le cerveau et la musique<\/em><\/strong>, j\u2019ai d\u00e9couvert qu\u2019il n\u2019y avait pas qu\u2019une seule r\u00e9gion d\u00e9di\u00e9e \u00e0 la musique, mais bien un tr\u00e8s grand nombre de structures qui sont \u00e0 l\u2019\u0153uvre pour nous permettre de percevoir la musique dans toute sa splendeur.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/Musique_cahier_photop_03.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-33753\" src=\"https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/Musique_cahier_photop_03-403x550.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"341\" srcset=\"https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/Musique_cahier_photop_03-403x550.jpg 403w, https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/Musique_cahier_photop_03-474x647.jpg 474w, https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/Musique_cahier_photop_03-768x1047.jpg 768w, https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/Musique_cahier_photop_03-470x641.jpg 470w, https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/Musique_cahier_photop_03.jpg 792w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a>La musique est compos\u00e9e de divers \u00e9l\u00e9ments : des notes qui s\u2019assemblent pour donner des m\u00e9lodies, des harmonies qui sont compos\u00e9es de plusieurs notes jou\u00e9es en m\u00eame temps, des rythmes qui structurent la musique dans des temps et des timbres, les couleurs qui se d\u00e9gagent des instruments et des voix. Cet assemblage complexe arrive \u00e0 nos oreilles en formant un tout. On a d\u00e9couvert que l\u2019oreille et le cerveau font un travail saisissant de complexit\u00e9 en d\u00e9composant, puis en recomposant tous ces \u00e9l\u00e9ments en une fraction de seconde.<br \/>\nRetournons \u00e0 votre pi\u00e8ce de musique favorite, celle qui vous procure le plus de plaisir. Pourquoi ce morceau vous fait-il tant d\u2019effet ? Le son est d\u2019abord per\u00e7u par l\u2019oreille. C\u2019est le lieu d\u2019une incroyable transformation, depuis l\u2019onde sonore qui est transform\u00e9e en mouvements d\u2019osselets, puis en mouvements sur la membrane de la cochl\u00e9e, pour \u00eatre traduite en impulsion \u00e9lectrique et voyager le long du nerf auditif.<br \/>\nC\u2019est ainsi que le voyage vers le cerveau d\u00e9bute. Le signal \u00e9lectrique, dans le nerf auditif, commence par transiter dans une s\u00e9rie de r\u00e9gions du syst\u00e8me primitif du cerveau que l\u2019on appelle le tronc c\u00e9r\u00e9bral. Le signal \u00e9lectrique parvient d\u2019abord au cortex auditif primaire qui se trouve de chaque c\u00f4t\u00e9 du cerveau. C\u2019est la ligne d\u2019entr\u00e9e du son dans le cortex, cette partie du cerveau, \u00e0 sa surface, qui analyse toutes nos fonctions sup\u00e9rieures. Le cortex auditif se situe dans le lobe temporal, une r\u00e9gion au c\u0153ur de la perception de l\u2019audition, du langage et de la m\u00e9moire.<\/p>\n<p><span style=\"color: #333399; font-family: arial black, sans-serif; font-size: 20px;\"><em>Le cerveau des notes et de la m\u00e9lodie<\/em><\/span><br \/>\nLe cortex auditif primaire d\u00e9code chacune des notes de votre pi\u00e8ce favorite. La fonction qui identifie la hauteur et la fr\u00e9quence de chaque note de musique semble plus pr\u00e9dominante du c\u00f4t\u00e9 droit du cerveau. Toutefois la m\u00e9lodie, une suite de plusieurs notes, donc une succession de hauteurs (une fr\u00e9quence sp\u00e9cifique pour chaque note), est per\u00e7ue dans ce que l\u2019on appelle le cortex auditif secondaire ou associatif, situ\u00e9 juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du cortex auditif primaire. Non seulement cette r\u00e9gion d\u00e9code la m\u00e9lodie, mais elle a m\u00eame la capacit\u00e9 de d\u00e9tecter une fausse note dans une m\u00e9lodie.<\/p>\n<p><span style=\"color: #333399; font-family: arial black, sans-serif; font-size: 20px;\"><em><a href=\"https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/Musique_cahier_photop_08.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-33754 alignleft\" src=\"https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/Musique_cahier_photop_08-339x550.jpg\" alt=\"\" width=\"280\" height=\"454\" srcset=\"https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/Musique_cahier_photop_08-339x550.jpg 339w, https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/Musique_cahier_photop_08-399x647.jpg 399w, https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/Musique_cahier_photop_08-470x762.jpg 470w, https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/Musique_cahier_photop_08.jpg 666w\" sizes=\"auto, (max-width: 280px) 100vw, 280px\" \/><\/a>Le cerveau du rythme<\/em><\/span><br \/>\nL\u2019autre composante du morceau favori, c\u2019est le rythme. La r\u00e9gion qui d\u00e9crypte le rythme musical se trouve dans le cortex auditif secondaire du c\u00f4t\u00e9 droit du cerveau. Quand le rythme est simple, par exemple si votre pi\u00e8ce pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e est une musique pop \u00e0 deux temps ou une valse \u00e0 trois temps, et que vous avez la soudaine envie de taper du pied, des r\u00e9gions additionnelles du cortex entrent en action : ce sont des parties des cortex frontal et pari\u00e9tal gauches et le cervelet, ce <em>petit cerveau<\/em> qui est responsable de la coordination des mouvements.<br \/>\nSi votre morceau est un jazz au rythme complexe, des r\u00e9gions encore plus \u00e9tendues de votre cortex sont sollicit\u00e9es, dont les r\u00e9gions de la motricit\u00e9 et votre cervelet, afin de coordonner vos battements de pied. Et ce n\u2019est pas surprenant, la musique et le mouvement sont intimement li\u00e9s. L\u2019\u00e9mergence de la musique par le rythme et le chant a vraisemblablement entra\u00een\u00e9, depuis des milliers d\u2019ann\u00e9es, de nombreuses g\u00e9n\u00e9rations \u00e0 danser.<\/p>\n<p><span style=\"color: #333399; font-family: arial black, sans-serif; font-size: 20px;\"><strong><em>Le cerveau de l\u2019harmonie<\/em><\/strong><\/span><br \/>\nLa superposition de plusieurs notes jou\u00e9es simultan\u00e9ment avec la m\u00e9lodie donne une grande richesse sonore \u00e0 une pi\u00e8ce de musique. C\u2019est ce que l\u2019on appelle l\u2019harmonie. En Occident, notre musique a beaucoup tourn\u00e9 autour du mode majeur, per\u00e7u comme joyeux, et du mode mineur, qui est plus triste. Une pi\u00e8ce de musique se compose d\u2019une succession d\u2019accords diff\u00e9rents qui peuvent \u00eatre principalement conduits en majeur ou en mineur. Ce sont des r\u00e9gions du lobe frontal, loin de la r\u00e9gion du cortex auditif, et une autre r\u00e9gion, le cortex cingulaire, qui sont responsables de la d\u00e9tection et de la perception des harmonies.<\/p>\n<p><span style=\"color: #333399; font-family: arial black, sans-serif; font-size: 20px;\"><em><strong>Le cerveau des couleurs musicales<\/strong><\/em><\/span><br \/>\nEnfin, une \u0153uvre musicale a \u00e9galement toute une s\u00e9rie de timbres, ce que l\u2019on pourrait appeler des textures sonores. Cette s\u00e9rie de timbres se d\u00e9finit en fonction des instruments et de l\u2019orchestration. Elle est multidimensionnelle et implique que le cerveau puisse distinguer plusieurs instruments. On a d\u00e9montr\u00e9 que ce d\u00e9codage se fait par le biais des r\u00e9gions auditives du lobe temporal, \u00e9galement en relation avec une activation des zones frontales.<\/p>\n<p><span style=\"font-size: 20px;\"><em><span style=\"color: #333399; font-family: arial black, sans-serif;\">La m\u00e9moire de la musique<\/span><\/em><\/span><br \/>\nContrairement aux singes, par exemple, nous sommes capables de retenir de tr\u00e8s longues s\u00e9quences sonores. Nous d\u00e9tenons une excellente m\u00e9moire fonctionnelle.<br \/>\nC\u2019est que notre cerveau a quelque chose de plus que celui des macaques ou des chimpanz\u00e9s. Si ces derniers disposent aussi d\u2019un cortex auditif, ils n\u2019ont pas de connexions neuronales avec le lobe frontal. Or, ces connexions nous permettent d\u2019y relayer des signaux tout au long de l\u2019\u00e9coute musicale afin de les analyser, puis de retourner l\u2019information vers le cortex auditif. C\u2019est un <em>feedback<\/em> g\u00e9n\u00e9rant une m\u00e9moire active de la musique que l\u2019on \u00e9coute. Et plus on l\u2019\u00e9coute, plus il en reste des traces.<br \/>\nD\u2019ailleurs, ne vous arrive-t-il pas de vous souvenir de votre pi\u00e8ce pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e et de vous la jouer <em>dans la t\u00eate<\/em> avec une exactitude assez surprenante ? L\u2019imagerie m\u00e9dicale nous confirme que la m\u00e9moire de votre morceau de musique se situe dans ces zones du cortex auditif et frontal, et que ce m\u00e9canisme expliquerait que l\u2019on soit capable d\u2019imaginer la musique sans l\u2019\u00e9couter.<br \/>\nLa musique va \u00e9galement toucher d\u2019autres r\u00e9gions de la m\u00e9moire \u00e0 long terme situ\u00e9e dans une autre r\u00e9gion du syst\u00e8me limbique, l\u2019hippocampe. Comme son nom l\u2019indique, cette r\u00e9gion a la forme d\u2019un colima\u00e7on et un de ses r\u00f4les est d\u2019entreposer les m\u00e9moires. Combien de fois une musique que vous aimez a fait jaillir en vous des souvenirs marquants ou enfouis ?<!--nextpage--><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial black, sans-serif; color: #333399; font-size: 20px;\"><strong><em>Le cerveau du plaisir, des \u00e9motions et de la r\u00e9compense<\/em><\/strong><\/span><br \/>\nEn 2001, <strong>Robert Zatorre<\/strong>, un neuroscientifique cognitif de l\u2019<strong>Universit\u00e9 McGill<\/strong> \u00e0 Montr\u00e9al, publie une recherche sur une toute autre perception de la musique qui ne serait bas\u00e9e que sur des notes, du rythme et de la m\u00e9lodie. Il s\u2019est int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 ce que nous \u00e9prouvons quand une musique nous touche particuli\u00e8rement, quand nous ressentons des frissons le long de la colonne vert\u00e9brale, quand l\u2019\u0153uvre nous transporte et nous \u00e9meut. Ce chercheur venait tout juste d\u2019achever une exp\u00e9rience dans laquelle les participants avaient \u00e9cout\u00e9 des musiques \u00e9mouvantes \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019un appareil d\u2019imagerie m\u00e9dicale. La sensation que leur procurait la musique \u00e9tait si forte qu\u2019elle augmentait leur rythme cardiaque, leur respiration et leur sudation.<br \/>\nL\u2019exp\u00e9rience d\u00e9montrait en m\u00eame temps que des r\u00e9gions bien sp\u00e9cifiques du cerveau \u00e9taient sollicit\u00e9es, dont l\u2019amygdale et les noyaux accumbens, car ces r\u00e9actions mettaient en cause le syst\u00e8me limbique, associ\u00e9 \u00e0 la motivation et \u00e0 la r\u00e9compense, \u00e0 l\u2019\u00e9veil et aux \u00e9motions. Comme les chercheurs ont pu le voir sur les images obtenues gr\u00e2ce au tomographe, les r\u00e9gions responsables de ces effets sont reli\u00e9es \u00e0 un neurotransmetteur et une neuro-hormone bien connue, la dopamine.<br \/>\nCette substance g\u00e9n\u00e8re la sensation de plaisir que l\u2019on associe \u00e0 la nourriture, au sexe ou \u00e0 la consommation de drogues comme l\u2019alcool, la coca\u00efne ou l\u2019h\u00e9ro\u00efne. En 2011, <strong>Robert Zatorre<\/strong> reprend cette \u00e9tude pour mesurer avec pr\u00e9cision la quantit\u00e9 de dopamine produite par l\u2019\u00e9coute de la musique. Il \u00e9tablit ainsi un lien direct entre les deux. Plus une musique nous donne des frissons, plus nous s\u00e9cr\u00e9tons de dopamine.<br \/>\nCe chercheur d\u00e9montre ainsi que notre cerveau travaille \u00e0 d\u00e9coder la musique sur deux plans \u00e0 la fois. La composante physique \u2013 les fr\u00e9quences, les rythmes et les textures \u2013 est prise en charge par le cortex. La dimension \u00e9motive est per\u00e7ue par notre syst\u00e8me limbique, qui analyse les \u00e9l\u00e9ments li\u00e9s aux \u00e9motions, aux plaisirs et \u00e0 la r\u00e9compense. Cette dualit\u00e9 explique l\u2019effet de la musique sur notre cerveau. Elle touche \u00e0 la fois notre c\u00f4t\u00e9 rationnel par sa structure math\u00e9matique, tout en sollicitant nos \u00e9motions \u00e0 un niveau comparable aux grands besoins li\u00e9s \u00e0 notre survie comme le sexe ou la nourriture.<\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial black, sans-serif; font-size: 20px;\"><strong><em><span style=\"color: #333399;\">Des bienfaits hormonaux<\/span><\/em><\/strong><\/span><br \/>\nLorsque l\u2019\u00e9coute de votre pi\u00e8ce musicale est termin\u00e9e, je suis certain que vous avez la sensation d\u2019\u00eatre en \u00e9quilibre avec vous-m\u00eame, de vous sentir bien. De nombreuses recherches d\u00e9montrent que non seulement la musique influe sur de nombreuses r\u00e9gions du cerveau, mais de nombreuses mol\u00e9cules \u00e9galement. Il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 que la musique affecte positivement l\u2019humeur, l\u2019anxi\u00e9t\u00e9 et m\u00eame la d\u00e9pression. J\u2019y reviendrai dans le troisi\u00e8me article de cette s\u00e9rie portant sur la musicoth\u00e9rapie et la musique pour soigner.<br \/>\nCe qui importe lorsque nous \u00e9coutons de la musique, c\u2019est de savoir qu\u2019elle affecte nos niveaux de trois mol\u00e9cules importantes : le cortisol, la s\u00e9rotonine et l\u2019ocytocine. La premi\u00e8re est une hormone qui est connue pour \u00eatre reli\u00e9e au stress. Une \u00e9tude a d\u00e9montr\u00e9 que nous produisons moins de cortisol lorsque nous \u00e9coutons de la musique. La seconde, la s\u00e9rotonine \u2013 un neurotransmetteur du cerveau \u2013 joue plusieurs r\u00f4les dont celui de modulateur de notre rythme circadien dont la carence est impliqu\u00e9e dans le stress, l\u2019anxi\u00e9t\u00e9 et la d\u00e9pression. Elle serait secr\u00e9t\u00e9e en plus grande quantit\u00e9 lors de l\u2019\u00e9coute musicale.<br \/>\nEt finalement l\u2019ocytocine, cette mol\u00e9cule que l\u2019on surnomme l\u2019hormone du bonheur, du plaisir et de l\u2019attachement. Sa lib\u00e9ration lors de l\u2019\u00e9coute musicale ne ferait que confirmer son pouvoir de nous unir et de nous rendre heureux. Dans ce domaine des mol\u00e9cules du cerveau, la recherche est en cours pour mieux quantifier ces effets.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/Cerveau_effet_mozart_partie1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-33755 size-large\" src=\"https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/Cerveau_effet_mozart_partie1-825x550.jpg\" alt=\"\" width=\"825\" height=\"550\" srcset=\"https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/Cerveau_effet_mozart_partie1-825x550.jpg 825w, https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/Cerveau_effet_mozart_partie1-647x431.jpg 647w, https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/Cerveau_effet_mozart_partie1-768x512.jpg 768w, https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/Cerveau_effet_mozart_partie1-470x313.jpg 470w, https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/Cerveau_effet_mozart_partie1-272x182.jpg 272w, https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/Cerveau_effet_mozart_partie1.jpg 1080w\" sizes=\"auto, (max-width: 825px) 100vw, 825px\" \/><\/a><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 20px;\"><em><span style=\"font-family: arial black, sans-serif; color: #333399;\">L\u2019\u00e9coute de la musique rend-elle plus intelligent?<\/span><\/em><\/span><br \/>\nOn me demande souvent si \u00e9couter r\u00e9guli\u00e8rement de la musique rend plus intelligent. C\u2019est une question l\u00e9gitime. Il y a tout un mythe autour de cette question qui remonte au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990 avec la diffusion de ce que l\u2019on appelle l\u2019<em>effet<\/em> <strong><em>Mozart<\/em><\/strong>. Il s\u2019agit de l\u2019id\u00e9e selon laquelle si les enfants ou m\u00eame les b\u00e9b\u00e9s \u00e9coutent de la musique compos\u00e9e par <strong>Mozart<\/strong>, ils deviendront plus intelligents. Le concept s\u2019est m\u00eame \u00e9tendu aux adultes.<br \/>\nTout d\u00e9bute en 1993 avec une \u00e9tude publi\u00e9e dans la c\u00e9l\u00e8bre revue scientifique <strong>Nature<\/strong> qui popularise cet <em>effet <strong>Mozart<\/strong><\/em>. La psychologue <strong>Frances H. Rauscher<\/strong>, de l\u2019<strong>Universit\u00e9 de Californie<\/strong> \u00e0 Irvine, d\u00e9montre que l\u2019\u00e9coute d\u2019une sonate pour deux pianos de <strong>Wolfgang Amadeus Mozart<\/strong>, augmente les habilet\u00e9s spatiales des jeunes participants \u00e0 l\u2019\u00e9tude.<br \/>\nLe <em>New York Times<\/em> s\u2019empare de l\u2019histoire et, en quelques mois, des \u00c9tats am\u00e9ricains l\u00e9gif\u00e8rent pour rendre l\u2019\u00e9coute musicale obligatoire en classe. Puis, c\u2019est la ru\u00e9e ! Bondissent les ventes de disques, de m\u00e9thodes, de livres qui expliquent aux parents comment rendre leur enfant plus intelligent par l\u2019\u00e9coute musicale. Comment une seule \u00e9tude peut-elle conclure \u00e0 un tel effet sur le cerveau ? Tout d\u2019abord, <strong>Frances H. Rauscher<\/strong> ne parle jamais d\u2019<em>effet<\/em> <strong><em>Mozart<\/em><\/strong> dans son \u00e9tude. De plus, l\u2019exp\u00e9rience n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e avec des b\u00e9b\u00e9s ou des enfants, mais bien avec de jeunes adultes. L\u2019\u00e9chantillonnage sur lequel la chercheuse s\u2019est bas\u00e9e \u00e9tait limit\u00e9 \u00e0 un groupe de 36 \u00e9tudiants universitaires.<br \/>\nL\u2019exp\u00e9rience est la suivante : les sujets, r\u00e9partis en trois sous-groupes, doivent effectuer une s\u00e9rie de t\u00e2ches mentales qui consistent \u00e0 jouer avec des formes tridimensionnelles dans leur t\u00eate, un peu comme plier ou d\u00e9plier un origami. Avant d\u2019ex\u00e9cuter chaque t\u00e2che, ils \u00e9coutent 10 minutes de silence, 10 minutes d\u2019instructions verbales pour se d\u00e9tendre ou 10 minutes de la sonate pour deux pianos de <strong>Mozart<\/strong>.<br \/>\nLes r\u00e9sultats de cette \u00e9tude d\u00e9montrent que les \u00e9tudiants qui ont \u00e9cout\u00e9 <strong>Mozart<\/strong> sont les meilleurs pour imaginer \u00e0 quoi un papier pli\u00e9 peut ressembler une fois d\u00e9pli\u00e9. Une am\u00e9lioration de cette performance qui dure seulement 15 minutes. C\u2019est donc tout un pas \u00e0 franchir avant d\u2019affirmer que la musique de <strong>Mozart<\/strong> rend plus intelligent !<br \/>\nL\u2019\u00e9tude pique pourtant la curiosit\u00e9 d\u2019autres chercheurs. En 1999, le magazine scientifique <strong>Nature<\/strong> publie une revue de litt\u00e9rature sur l\u2019ensemble des \u00e9tudes qui ont suivi et arrive \u00e0 la conclusion que la musique de <strong>Mozart<\/strong> n\u2019a aucun effet sur l\u2019intelligence ou sur le raisonnement, mais semble avoir un effet sur la capacit\u00e9 de transformer des images visuelles.<br \/>\nLes scientifiques en retiennent que la t\u00e2che de prendre un objet tridimensionnel comme un origami et de le d\u00e9placer dans l\u2019espace pour en comprendre la forme est une activit\u00e9 d\u2019\u00e9veil cognitif qui se d\u00e9roule dans l\u2019h\u00e9misph\u00e8re c\u00e9r\u00e9bral droit du cerveau. Une \u00e9tude en particulier d\u00e9montre que l\u2019\u00e9coute d\u2019un passage d\u2019un roman de <strong>Stephen King<\/strong>, un grand \u00e9crivain am\u00e9ricain de suspenses d\u2019horreur, lu \u00e0 haute voix, semble avoir le m\u00eame effet.<br \/>\nEn 2010, plus de 40 \u00e9tudes ind\u00e9pendantes, impliquant 3 000 participants, sont pass\u00e9es au peigne fin. Il en d\u00e9coule que toutes sortes de musiques produisent ce m\u00eame effet. Une \u00e9tude d\u00e9montre l\u2019effet avec Schubert. Une autre, effectu\u00e9e avec 8 000 \u00e9tudiants en Grande-Bretagne, r\u00e9v\u00e8le un effet sup\u00e9rieur \u00e0 celui de la musique de <strong>Mozart<\/strong> en employant de la musique populaire, dont la chanson <em>Country House<\/em> du groupe <strong>Blur<\/strong>. En fait, les auteurs arrivent \u00e0 la conclusion que l\u2019effet <strong>Mozart<\/strong> n\u2019existe tout simplement pas. Toute forme de stimulation qui rend plus alerte comme un bon caf\u00e9 ou une marche \u00e0 pas rapides, peut avoir le m\u00eame effet de courte dur\u00e9e !<\/p>\n<p><span style=\"color: #333399; font-size: 20px;\"><em><span style=\"font-family: arial black, sans-serif;\">Jouer a plus d\u2019impact<\/span><\/em><\/span><br \/>\nOn voit bien que l\u2019\u00e9coute musicale n\u2019a que des bienfaits. C\u2019est litt\u00e9ralement une drogue douce sans effets secondaires ! De plus, elle a l\u2019avantage d\u2019\u00eatre disponible en tout temps. Mais en abuser soul\u00e8ve des questions sur son effet. Bien des musiciens professionnels et des p\u00e9dagogues sugg\u00e8rent de choisir le bon moment pour en faire l\u2019\u00e9coute. Dans une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 la musique devient une tapisserie de plus en plus bruyante et omnipr\u00e9sente, elle perd de son efficacit\u00e9.<br \/>\nC\u2019est une chose d\u2019\u00e9couter de la musique, mais d\u2019en jouer procure un plus grand effet. Plus d\u2019une centaine d\u2019\u00e9tudes d\u2019imagerie c\u00e9r\u00e9brale ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9es pour comparer ce qui se d\u00e9roule dans le cerveau d\u2019un musicien versus celui d\u2019un non-musicien. Il est certain que l\u2019ex\u00e9cution de la musique implique une int\u00e9gration importante des habilet\u00e9s sensorielles et motrices ainsi que des fonctions sup\u00e9rieures d\u2019attention, de cognition et de m\u00e9moire.<br \/>\nComme nous l\u2019avons vu pr\u00e9c\u00e9demment, tout cela est motiv\u00e9 par l\u2019anticipation de l\u2019exp\u00e9rience du plaisir qui r\u00e9sulte de la production m\u00eame de la musique. Est-ce que la pratique de la musique a un impact sur le d\u00e9veloppement cognitif ? C\u2019est un champ de recherche actif, mais les conclusions ne sont pas encore d\u00e9finitives. Une chose est certaine, au c\u0153ur de ces changements dans le cerveau se trouve un concept central, celui de la plasticit\u00e9 du cerveau. Car il se passe bien quelque chose dans le cerveau lorsque l\u2019on apprend \u00e0 jouer d\u2019un instrument.<\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000; background-color: #ffffff;\"><em><span style=\"font-family: arial black, sans-serif;\"><strong>Et c\u2019est ce que nous allons explorer dans le prochain article<br \/>\nde cette s\u00e9rie sur le cerveau et la musique\u2026<\/strong><\/span><\/em><\/span><\/p>\n<p><em><span style=\"font-family: comic sans ms, sans-serif; font-size: 20px; color: #333399;\"><strong>Suggestions de lecture<\/strong><\/span><\/em><br \/>\n<em><span style=\"font-family: comic sans ms, sans-serif;\">Boulez, Pierre, Changeux, Jean-Pierre et Manoury, Jean-Pierre,<br \/>\nLes neurones enchant\u00e9s: Le cerveau et la musique, Paris, \u00c9ditions Odiles Jacob, 2014.<\/span><\/em><\/p>\n<p><em><span style=\"font-family: comic sans ms, sans-serif;\">Levitin, Daniel, De la note au cerveau, Montr\u00e9al,<br \/>\n\u00c9ditions de l\u2019Homme, 272 pages.<\/span><\/em><\/p>\n<p><em><span style=\"font-family: comic sans ms, sans-serif;\">Rochon, Michel, Le cerveau et la musique, Montr\u00e9al,<br \/>\n\u00c9ditions Multimondes, 2018, 186 pages.<\/span><\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Michel Rochon est un journaliste scientifique et m\u00e9dical. 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