{"id":20461,"date":"2014-09-18T21:11:25","date_gmt":"2014-09-18T21:11:25","guid":{"rendered":"http:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/?p=20461"},"modified":"2014-09-18T21:12:01","modified_gmt":"2014-09-18T21:12:01","slug":"cd-previn-schostakovich-berauer","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/cd-previn-schostakovich-berauer\/","title":{"rendered":"<!--:fr-->CD: Previn, Schostakovich, Berauer<!--:-->"},"content":{"rendered":"<p><!--:fr--><iframe loading=\"lazy\" src=\"\/\/www.youtube-nocookie.com\/embed\/qlv4xsi9JHc?rel=0\" height=\"390\" width=\"645\" allowfullscreen=\"\" frameborder=\"0\"><\/iframe><\/p>\n<p><i><i>Sonates pour violoncelle et piano, Passacaglia<br \/>\n<b>Matthias Bartolomey<\/b>, violoncelle<br \/>\n<b>Clemens Zeilinger<\/b>, piano<br \/>\nARS Productions, ARS, 38\u00a0149<\/i><\/p>\n<p>\u2764 Coup de c\u0153ur et d\u00e9couverte des XX<sup>e<\/sup> et XXI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle<\/i><\/p>\n<p><b>ARS Productions<\/b> pr\u00e9sente ici un programme ax\u00e9 sur le violoncelle et le piano, avec des \u0153uvres tonales du Russe <b>Dimitri Schostakovich<\/b>, de l\u2019Am\u00e9ricain <b>Andr\u00e9 Pr\u00e9vin<\/b> et du Viennois <b>Johannes Berauer<\/b> (n\u00e9 en 1979). Si les sonates des deux premiers appartiennent au XX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, la <i>Passacaglia<\/i> de <b>Berauer<\/b> est ancr\u00e9e dans le XXI<sup>e<\/sup> (\u00e9crite en 2012), non par son modernisme mais justement le contraire, par sa contemporan\u00e9it\u00e9 pourtant inspir\u00e9e d\u2019une forme baroque. Ce programme des plus singuliers s\u2019explique d\u2019abord en partie par les parent\u00e9s manifestes et audibles entre le style des sonates de <b>Schostakovich<\/b> et de <b>Pr\u00e9vin<\/b>, le premier ayant fortement influenc\u00e9 le second. Mais le violoncelliste explique dans le livret que les trois compositeurs repr\u00e9sent\u00e9s ont tous \u00e9t\u00e9 influenc\u00e9s par la musique de film et le jazz, autant dans l\u2019utilisation des harmonies, du chromatisme que des rythmes qui ponctuent ici et l\u00e0, la structure m\u00eame des \u0153uvres. Le fil conducteur, quoique mince, se d\u00e9fend toutefois.<\/p>\n<p>On connait mieux <b>Andr\u00e9 Pr\u00e9vin<\/b> comme pianiste et chef d\u2019orchestre que comme compositeur. Ici, on sait qu\u2019il a compos\u00e9 sa sonate pour <b>Yo-Yo Ma<\/b> qui l\u2019a cr\u00e9\u00e9e avec <b>Pr\u00e9vin<\/b> au piano en 1993. Malgr\u00e9 d\u2019\u00e9videntes qualit\u00e9s, d\u2019\u00e9quilibre entre les dialoguistes, et des traits de virtuosit\u00e9 aux deux instruments, sa <i>Sonate pour violoncelle et piano<\/i> (1993) s\u2019av\u00e8re un sous-produit de <b>Schostakovich<\/b> et ne laisse qu\u2019un souvenir \u00e9vanescent que supplante imm\u00e9diatement l\u2019audition de celle de <b>Schostakovich<\/b>, l\u2019op\u00a040, compos\u00e9e en 1934 alors qu\u2019il avait 28\u00a0ans. Parmi ses premi\u00e8res \u0153uvres de chambre, la sonate op.\u00a040 a bien des choses \u00e0 dire, quand on conna\u00eet le contexte de la Russie d\u2019alors. C\u2019est la densit\u00e9 des \u00e9motions, parfois aux antipodes (l\u2019\u00e9pisode <i>Tranquillo<\/i> qui scinde le premier mouvement en deux en fait foi), les coups de gueule, l\u2019ironie et la provocation, le dynamisme des rythmes de danse, la fr\u00e9n\u00e9sie des cavalcades pianistiques et les acrobaties du violoncelle qui charment, confrontent, interrogent, mais font mouche \u00e0 coup s\u00fbr\u00a0! Et impossible de rester insensible au <i>Largo<\/i>, une m\u00e9ditation minimaliste introspective\u00a0; ces mouvements lents sont, m\u00eame dans ses symphonies, mati\u00e8re \u00e0 arracher les larmes. Pas d\u2019exception ici. Quant aux deux interpr\u00e8tes, ils sont plus qu\u2019\u00e0 leur affaire. Au violoncelle, les lignes sont nettes, incisives m\u00eame, et pr\u00e9cises dans les pizzicati, et le piano se fait \u00e0 la fois t\u00e9nor et accompagnateur, et toujours juste. Toutefois, la prise de son avantage parfois le violoncelle. Personnellement, je pr\u00e9f\u00e8re encore la version de <b>Wispelwey<\/b> et <b>Lazic<\/b> chez <b>Channel Classics<\/b>.<\/p>\n<p>Mon coup de c\u0153ur\u00a0: la <i>Passacaglia<\/i> de <b>Berauer<\/b>. Durant ses quelque 5\u00a0minutes, le charme op\u00e8re d\u2019entr\u00e9e de jeu avec ce petit th\u00e8me tout simple au violoncelle, comme une question en suspend. Le piano le rejoint, et les deux dialoguistes, au fil de la structure pourtant rigide de la passacaille, chantent. La section m\u00e9diane nous \u00e9claire sur l\u2019allusion au jazz du compositeur (et du librettiste), puisqu\u2019on peut se penser chez <b>Corea<\/b> ou <b>Jarrett<\/b>. Au final, la progression harmonique marque une intensit\u00e9 que le rubato du cordiste appuie, sans trop le faire, pour enfin revenir au th\u00e8me initial, qui s\u2019\u00e9vanouit dans la m\u00e9lancolie. On l\u2019\u00e9couterait en boucle, un ver d\u2019oreille\u00a0! La <i>Passacaglia<\/i> s\u2019inscrit dans le corpus <i>The Vienna Chamber Diaries<\/i> du compositeur, qu\u2019il me tarde de d\u00e9couvrir. Si le <b>Schotakovich<\/b> demeure d\u2019une tr\u00e8s bonne tenue, et le <b>Pr\u00e9vin<\/b> une petite d\u00e9couverte, l\u2019\u00e9coute aura valu la peine si ce n\u2019est d\u2019avoir d\u00e9nich\u00e9 <b>Johannes Berauer<\/b> qui, comme dans son corpus, fait la synth\u00e8se entre le classique et le jazz dans une facture tr\u00e8s accessible et extr\u00eamement s\u00e9duisante.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.ars-produktion.de\/\" target=\"_blank\"><strong>http:\/\/www.ars-produktion.de\/<\/strong><\/a><!--:--><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sonates pour violoncelle et piano, Passacaglia Matthias Bartolomey, violoncelle Clemens Zeilinger, piano ARS Productions, ARS, 38\u00a0149 \u2764 Coup de c\u0153ur et d\u00e9couverte des XXe et XXIe si\u00e8cle ARS Productions pr\u00e9sente ici un programme ax\u00e9 sur le violoncelle et le piano, avec des \u0153uvres tonales du Russe Dimitri Schostakovich, de l\u2019Am\u00e9ricain Andr\u00e9 Pr\u00e9vin et du Viennois [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":16,"featured_media":20463,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[39,53],"tags":[],"class_list":["post-20461","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-actualite","category-rythme-et-musique","entry","has-media"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/20461","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/16"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=20461"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/20461\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/20463"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=20461"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=20461"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tedpublications.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=20461"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}