Vous venez de vous procurer un appareil à objectifs interchangeables, soit un reflex ou soit un boîtier sans système reflex et vous réalisez qu’il vous faudra inévitablement vous constituer un parc d’objectifs pour compléter votre équipement afin d’en profiter pleinement.

Il s’agit de la première étape de la réalisation de la flexibilité d’un système, mais avec la déconcertante variété d’options disponibles sur le marché. Vous pourriez toutefois être pardonné de vous demander pourquoi vous avez abandonné la relative simplicité des appareils compacts.

Dans ce guide, nous allons vous conduire étape par étape à travers le processus de la compréhension des différents types d’objectifs, et de choisir celui qui convient à vos besoins.

Terminologie des objectifs
En effectuant vos recherches sur les différents sites Web des fabricants, vous pourriez vous sentir un peu déconcerté par les différents mots et jargons techniques qui peuvent sembler impressionnants et incompréhensibles pour des nouveaux venus. Voici une petite liste de mots et termes utiles :

Objectif (Lens): Système optique constitué de plusieurs lentilles et destiné à produire une image.
Lentille (Lens): Pièces de verre taillé et poli qui fait dévier les rayons lumineux et dont au moins une des faces est concave ou convexe.
Plan focal : C’est l’endroit où les rayons lumineux convergent suite à la mise au point. Le plan focal est en fait le plan où se trouve la surface sensible qui capte l’image, soit la position du capteur.
Cercle de diffusion : Cercle d’image formé par l’objectif qui couvre le plan focal.
Longueur focale (Focal length): C’est ce qui définit l’angle de vision de l’objectif.
Ouverture (Aperture) : C’est ce qui détermine la quantité de lumière qui passe par l’objectif.
Diaphragme : Mécanisme qui imite la forme et la fonction de l’iris de l’œil.
Format : Détermine la taille du capteur avec laquelle les objectifs ont été conçus et optimisés pour cette dernière.
Monture d’objectif (Lens mount) : Système à baïonnette déterminée par la marque de votre boîtier. Chaque marque possède sa propre monture qui lui est propre.
Stabilisation d’image (Image stabilization) : Certains objectifs intègrent un système optique de stabilisation d’image qui minimise le tremblement et le flou d’image causé par la prise de vue à main levée (sans trépied).

La longueur focale
La longueur focale exprimée en millimètres inscrite sur l’objectif détermine sa longueur focale et en combinaison avec la taille du capteur, elle détermine également l’angle de vision. Plus le nombre est petit, plus petite est la longueur focale et plus grande est son champ de vision. À l’opposé, plus le nombre est grand, plus grande est la longueur focale et plus son champ de vision est réduit (étroit).

Il existe deux catégories d’objectifs; les objectifs à focale fixe (Déterminés par une seule valeur, par exemple : 50mm) et les objectifs à focale variable communément appelés zooms (Par exemple; 18-55mm).

Voici un tableau comparatif des longueurs focales selon la taille des capteurs. La référence étant le format 35mm (36x24mm).



Les capteurs plus petits que 36x24mm ont tous un coefficient de multiplication. Afin de connaître la longueur équivalente en 35mm il suffit de multiplier la longueur focale inscrite sur l’objectif par la valeur suivante selon le fabricant :

Canon : 1,6x
Nikon, Sony et Samsung : 1,5x
4/3 : 2x

En d’autres termes, une longueur focale X n’offre pas le même angle de vision selon la taille e capteur utilisé. Par exemple, un 50mm reste un 50mm sur un capteur 36x24mmm (35mm), mais devient un 80mm sur un reflex Canon, un 75mm sur un reflex Nikon et un 100mm sur un appareil 4/3.

Donc, un 18-55mm est le zoom standard pour les petits capteurs 22x15mm alors que sur un capteur 36x24mm c’est plutôt un 28-70mm ou 24-70mm.

L’ouverture
L’ouverture dans un objectif a une double fonction, car c’est elle qui détermine l’entrée de lumière dans ce dernier ainsi que la profondeur de champ (Zone de netteté). L’ouverture focale est exprimée ainsi : f/4

Plus la valeur de l’ouverture est petite (f/1.8 à f/5.6), plus petite sera la profondeur de champ. À l’inverse, plus la valeur de l’ouverture sera grande (f/8 à f/22), plus la profondeur de champ sera grande.

La profondeur de champ c’est la zone de netteté incluse qui se trouve à raison de 1/3 devant le sujet mis au point et à 2/3 derrière celui-ci. Avec une faible profondeur de champ, cela permet d’isoler le sujet de son arrière-plan en le rendant plus flou (Par exemple pour un portrait). Dans le cas des paysages, des photos d’architecture ou des perspectives, une plus grande profondeur de champ est privilégiée pour inclure le plus d’éléments possible dans la zone de netteté.

La zone de netteté peut être pré visualisé à l’aide du bouton de profondeur de champ dont la plupart des reflex sont munis.

Dans le cas des appareils à petit capteur 22x15mm, la profondeur de champ est d’environ une fois et demie plus grande (À ouverture égale) par rapport à un appareil à capteur 35mm et le double avec les appareils 4/3.

Donc, avec un appareil à capteur 35mm, il sera plus facile d’inclure ou d’exclure des objets dans la zone de netteté.

La stabilisation d’image
Les systèmes de stabilisation d’image permettent de réduire les flous de bougé causés par des vitesses trop lentes associées à des longueurs focales trop longues. Il existe principalement deux types de systèmes de stabilisation d’image :

Optique (Intégré aux objectifs)

Capteur mobile

Le système de stabilisation optique intégré aux objectifs implique que vous devez acheter un objectif qui en soit muni d’un. Les objectifs sont généralement plus dispendieux.

Le système à capteur mobile quant à lui, offre l’avantage de fonctionner avec tous les objectifs qui sont montés sur le boîtier. Pour le moment, seuls Olympus, Pentax et Sony offrent un système de stabilisation à capteur mobile.

  • Canon – Image Stabilization (IS)
  • Fujifilm, Panasonic et Samsung – Optical Image Stabilization (OIS)
  • Nikon – Vibration Reduction (VR)
  • Sony (NEX system) – Optical Steady Shot (OSS)
  • Sigma – Optical Stabilization (OS)
  • Tamron – Vibration Control (VC)

Taille du capteur et cercle de diffusion

La plupart des appareils reflex d’entrée de gamme et moyen de gamme sont munis d’un capteur 22x15mm, soit la moitié moins grand que les anciens films 35mm ou capteurs 35mm des boîtiers haut de gamme. La plupart des fabricants ont donc développé une gamme d’objectifs parfaitement adaptés aux petits capteurs 22x15mm afin d’assurer une couverture optimale que procure leur cercle de diffusion. Par conséquent, ces objectifs ne couvrent pas la totalité des capteurs 35mm et ne peuvent pas être utilisés sur les boîtiers avec capteur 35mm.

À l’opposé, les objectifs dont la formule optique a été conçue pour couvrir les films 35mm et les capteurs 35mm peuvent être utilisés sans problème sur les boîtiers à petits capteur 22x15mm, mais dans ce cas il faudra appliquer le coefficient de multiplication pour connaître la véritable longueur focale.

Voici la liste des objectifs dédiés aux petits capteurs :

  • Canon : EF-S
  • Nikon : DX
  • Pentax : DA
  • Sony : DT
  • Sigma : DC
  • Tamron : Di II
  • Tokina : DX

Les montures
Tel que cité auparavant, la monture est système à baïonnette déterminée par la marque de votre boîtier. Chaque marque possède sa propre monture qui lui est propre et qui la rend incompatible avec les marques concurrentes.

La plupart des montures des boîtiers et des objectifs sont faites en métal (Laiton). On trouver toutefois des montures d’objectifs en polycarbonate* sur les objectifs d’entrée de gamme ou économiques.

*Le polycarbonate est un polymère issu de la polycondensation du bisphénol A et d’un carbonate ou du phosgène, ou par transestérification. On obtient ainsi une matière plastique disposant d’excellentes propriétés mécaniques et d’une résistance thermique permettant une utilisation entre -135 °C et 135 °C.

Voici la liste des montures selon les fabricants :
Canon : EF et EF-S
Fuji : F et FX
Nikon : F
Olympus et Panasonic : 4/3 et Micro 4/3
Pentax : KAF
Samsung : NX
Sony : Alpha (A) et E

Zoom VS focale fixe
Voilà un débat qui fait encore rage de nos jours à savoir si un objectif à focale fixe procure une meilleure qualité optique qu’un zoom. Cela était effectivement vrai jusqu’au milieu des années 1980. Les techniques de conception optique assistées par ordinateur, les techniques de coulage de verre optique ainsi que leur polissage et traitement multicouches ont grandement évolué. De nos jours, il est possible de se procurer certains zooms qui sauront rivaliser avec plusieurs objectifs à focale fixes.

D’un point de vue purement technique, il est plus facile de concevoir un objectif à focale fixe, ce serait-ce que pour corriger la distorsion géométrique. Un des avantages indéniables des focales fixes est d’être en mesure d’offrir une ouverture focale initiale plus grande qui peut être parfois déclinée en deux versions, soit f/1.8 ou f/1.4 dans certains cas. Les zooms quant à eux descendent rarement en dessous de la barre du f/2.8

Les zooms quant à eux, sont plus complexes à concevoir optiquement parlant. Ils demandent plus de calculs et de corrections, mais avec un objectif zoom haut de gamme, il est indéniable que la polyvalence que procure un objectif à focale variable (Zoom) associé à une grande ouverture focale, fait de lui un compagnon idéal ne serait-ce qu’au niveau de la polyvalence d’utilisation sur le terrain.

De façon générale, les portraitistes vont privilégier les focales fixes, car se sont des objectifs plus légers et plus facilement manipulables à main levée. Ils peuvent également être très appréciés par les photographes qui font beaucoup de paysage et de l’architecture.

Les zooms quant à eux, vont être très appréciés pour le reportage et pour le voyage en raison de leur polyvalence. On peut habituellement constituer son parc d’objectifs avec deux ou trois zooms :

Pour un capteur 35mm :
16-35mm f/2.8
24-70mm f/2.8
70-200mm f/2.8 ou f/4

Pour les capteurs 22x15mm :
11-16mm
17-50mm
55-200mm ou 55-300mm

Pour les capteurs 4/3
12-50mm
50-150mm

Les super zooms à focales extrêmes
Très attirants d’un point de vue polyvalence, il est très rare que ces derniers soient parfaits sur toutes les longueurs focales. Il s’agit en fait d’un compromis optique VS poids/encombrement. On peut comparer ces super zoom à des appareils de bureau multifonctions; ils font tout, mais rien de vraiment bien.

Parmi les super zooms ont retrouve souvent les :
18-200mm
18-300mm
28-200mm
28-300mm

D’un point de vue optique, il est impossible de concevoir une focale grand-angle en plus d’un téléobjectif court et/ou moyen dans le même objectif sans faire de compromis optiques.

De façon générale, ces zooms ont des ouvertures flottantes peu lumineuses en plus de perdre énormément de piqué (Netteté) passé le cap des 135mm.

Mettre un filtre de protection ou pas ?
Voilà un autre débat qui dure depuis plusieurs années. D’un côté vous avez l’antifiltre et de l’autre les pros-filtres. Sachez que plusieurs tests poussés ont démontré à plusieurs reprises que les filtres de protection neutre ou UV n’ont AUCUNE incidence sur la netteté d’un objectif.

L’utilisation d’un filtre de protection offre plusieurs avantages indéniables dont :

Protection de la lentille frontale contre les empreintes de doigts, la poussière, la bruine, la pluie, l’eau, l’humidité et l’embrun. De plus, il est beaucoup facile de nettoyer et entretenir un filtre et en cas de bris suite à un impact, c’est le filtre que vous remplacez.

Mettre un filtre de protection, c’est comme conduire une automobile avec sa ceinture de sécurité bien attachée. En cas d’impact, vous êtes protégés.

Motorisation de la mise au point automatique
On retrouve plusieurs types de motorisations pour assurer la mise au point (MAP). Le type de motorisation influencera le bruit sonore émis et également sa rapidité. La motorisation peut être intégrée dans le boîtier et/ou dans l’objectif.

Voici les différentes motorisations :
Type tournevis : L’objectif ne possède aucune motorisation intégrée. La MAP est assurée par couplage mécanique avec le boîtier. Dans ce cas, c’est le boîtier qui est muni d’un moteur. Il s’agit d’un vieux système de MAP automatique qui date de 1985. Certains boîtiers Nikon, Pentax et Sony sont munis de ce système pour assurer une MAP automatisée avec des anciens objectifs.

Micromoteur : Système intégré directement dans les objectifs. Il est relativement conçu simplement avec de petits engrenages. On le retrouve dans les objectifs économiques et les objectifs génériques.
Ultrasonique : Il s’agit d’un système intégré aux objectifs qui est actuellement le plus répandu chez les reflex. Il est décliné en deux versions, soit une version bon marché du même type que les micromoteurs et la version plus onéreuse de type annulaire. De façon générale, ce système est beaucoup plus silencieux pour ne pas dire presque inaudible. Le système annulaire est constitué de deux anneaux sans contact, soit un rotor et un stator. La rotation est rendue possible par ondulation électromagnétique entre les deux anneaux.

Le principal avantage d’un système ultrasonique sont : une MAP plus rapide, silencieuse et permet une retouche de MAP manuelle en temps réel sans débrayage de la MAP automatique.

Les différentes terminologies selon les marques :

  • Canon : Ultrasonic Motor (USM)
  • Nikon : Silent Wave Motor (AF-S)
  • Olympus : Supersonic Wave Drive (SWD)
  • Pentax : Supersonic Drive Motor (SDM)
  • Sigma : Hypersonic Motor (HSM)
  • Sony : Supersonic Wave Motor (SSM)
  • Tamron : Ultrasonic Silent Drive (USD) et Piezo Drive (PZD) – Ring-tye et Micro-type
  • Tokina : Silent Drive Module (SD-M)

Qualité de fabrication
La plupart des objectifs sont déclinés en deux catégories : amateur et professionnel.
La qualité de fabrication va elle aussi être déterminée pour l’usage auquel il est destiné. Soit un usage amateur ou occasionnel dans des conditions normales. Pour un usage plus intensif et dans des conditions variées, plusieurs objectifs professionnels sont scellés contre la poussière, l’humidité et l’embrun. La qualité optique, la qualité des matériaux et la qualité mécanique des objectifs professionnels sont également accrues pour assurer une durabilité et une pérennité.

Le choix d’un système
Choisir une marque c’est également choisir un système. Il est donc impératif que vous devez choisir le système qui correspond le mieux à vos besoins actuels et à venir. Le parc d’objectifs offert est directement lié au boîtier que vous choisissez. Autrement dit, cela signifie que vous allez être coincé durant un bon moment avec système que vous choisissez. Chacun des systèmes à ses forces et ses faiblesses.